Un micro-réseau actif à Tournai

©Ores

Ores planchait sur le projet E-Cloud depuis trois ou quatre ans déjà. Il est lancé depuis le 1er juillet: 12 entreprises de Tournai se partagent désormais l’électricité éolienne et solaire produite localement.

Il y a un peu plus d’un an, il y a eu l’inauguration de Merygrid à Esneux. Début 2019, c’est le bourgmestre de Crisnée qui déclarait plancher sur un micro-réseau dans sa commune. Fin avril, Engie, Resa, la SPI et l’ULiège annonçaient qu’ils allaient créer un micro-réseau XXL sur le zoning des Hauts-Sarts. Et ce mercredi, c’était au tour d’Ores de présenter E-Cloud, un micro-réseau virtuel d’entreprises qui consomment ensemble une énergie renouvelable produite localement. L’imitative est opérationnelle depuis ce 1er juillet. Le concept de communauté locale d’énergie a décidément le vent en poupe!

Douze entreprises du zoning de Tournai Ouest, parmi lesquelles on trouve un producteur de plastique, un grand groupe industriel avec des zones de stockage et des frigos, ou une très petite entreprise qui fabrique des vitraux, participent au projet. Elles sont incitées à consommer prioritairement l’électricité produite par une des éoliennes du parc voisin et par les panneaux solaires qui se trouvent sur le zoning, électricité mise à leur disposition par Luminus sur base d’une clé de répartition prédéfinie.

8 à 14%
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Les gains attendus sur la facture? 8 à 14%.

Sur cette énergie autoconsommée, les entreprises paient un tarif spécifique et avantageux. Sur le reste de l’électricité consommée, elles paient un tarif classique auprès de leur fournisseur d’énergie habituel.

Chaque entreprise reçoit, chaque jour, une prévision de la production renouvelable locale du lendemain. De quoi lui permettre d’adapter sa consommation d’électricité. Les gains attendus sur la facture? 8 à 14%. Les entreprises qui consomment également la nuit devraient en profiter davantage.

Préserver le réseau

"Nous avons lancé cette idée il y a trois ou quatre ans déjà, pour créer un vrai modèle vertueux qui favorise la transition énergétique et préserve le réseau de distribution, explique Fernand Grifnée, administrateur délégué du gestionnaire de réseau Ores. Cela permet à certains de profiter des énergies renouvelables d’une meilleure façon qu’ils ne l’auraient fait individuellement. Et en même temps, ils continuent à participer aux coûts du réseau, ce qui permet de maintenir un système de solidarité."

Tout repose sur le réseau et les compteurs existants, auxquels ont été ajoutés de petits automates qui communiquent les données de consommation quart d’heure par quart d’heure.

"Nous avons voulu créer un modèle vertueux, qui favorise la transition énergétique et préserve le réseau."
Fernand Grifnée
Administrateur délégué d’Ores

Pour mettre en œuvre ce projet, Ores s’est associé à une série de partenaires. N-Side a développé le modèle mathématique qui a permis de configurer le micro-réseau en fonction des besoins, en calculant le mix énergétique optimal, et d’estimer les gains des différentes entreprises. L’UMons a développé les algorithmes qui permettent de prévoir les consommations et la production locale. Et Siemens collecte les données sur les compteurs, et les rend accessibles via une interface web. Dapesco, lui, traite les données de consommation et de production locale, pour assurer les facturations.

Ores espère dupliquer ce modèle dans d’autres zonings industriels en Wallonie. Et il compte bien utiliser les leçons de cette première expérience pour formuler des recommandations à la Cwape et au futur gouvernement wallon, qui doivent encore définir les règles pratiques qui vont accompagner le décret sur l’autoconsommation collective d’énergie renouvelable, adopté au printemps dernier.

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