Un réseau européen en charge de la gestion des batteries usagées

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Protagonistes d’une mobilité plus verte, les véhicules électriques affrontent la question du recyclage de leur batterie. Reneos est le premier réseau dédié à la coordination européenne de la gestion des batteries usagées.

Verte, partagée, autonome, si la mobilité de demain (et d’aujourd’hui) se dessine à mesure des entrées de nouveaux "joueurs" venus des quatre coins du monde, il est pour l’instant établi qu’elle sera électrique. Des voitures particulières aux engins de construction, en passant par les diverses solutions de micromobilité (trottinettes, vélos et autres segways) et les drones, l’électrification de tout s’accompagne de son lot de questions et de contraintes. À celle de la gestion de la deuxième vie des batteries électriques, de la collecte au recyclage, 18 associations nationales spécialisées s’unissent et proposent Reneos, un réseau d’éco-organismes à l’échelle européenne.

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Le réseau Reneos regroupe 18 associations européennes spécialisées dans la collecte de batteries électriques.

Cette initiative unique au monde a pour objectif principal de coordonner les efforts des experts de la collecte de batteries de chaque pays membre du réseau. Dès à présent, Reneos connectera les fabricants aux collecteurs adéquats, selon la localisation de leurs activités et en tenant compte de leurs spécificités en la matière.

Le dispatching vers des spécialistes du démantèlement, de la réutilisation ou du recyclage de batteries, sera lui aussi pris en charge. Selon leurs besoins, les producteurs et importateurs de batteries électriques pourront confier certaines étapes de la deuxième vie de leurs produits au réseau Reneos.

Bebat, le maillon belge

En Belgique, c’est l’ASBL Bebat qui servira de relais au réseau. Aux premières loges de l’électrification des véhicules, et anticipant "une véritable explosion de l’adoption des véhicules électriques d’ici 2030", Bebat espère que le réseau nouvellement formé permettra de "renforcer la collaboration entre les associations européennes" et d’éviter ainsi un casse-tête logistique et environnemental autour de la deuxième vie des batteries électriques et du rapportage aux autorités.

Si les batteries sont produites à l’étranger, c’est l’opérateur qui commercialise les véhicules et qui introduit les batteries sur le marché belge qui sera chargé de respecter les contraintes légales liées à la collecte, au transport ou encore au recyclage.
Philippe Decrock
Responsable des affaires publiques et légales chez Bebat

Au même titre que ses "sœurs" européennes (Corepile en France, Cobat en Italie ou BatteriRetur en Norvège), le spécialiste national de la collecte et du recyclage de piles et de batteries propose déjà des solutions permettant aux entreprises de se conformer plus aisément aux obligations légales relatives à leur reprise. "Le rôle de Bebat est d’assister les entreprises dans la gestion de leurs batteries en fin de vie, en fonction de leurs besoins (recyclage, transport, etc.) tout en tenant compte de leurs spécificités", explique Philippe Celis, consultant en e-mobilité chez Bebat. "Bebat travaille avec des recycleurs agréés, comme Umicore ou Snam, et offre aux producteurs ou importateurs de batteries des solutions sur-mesure, dont la deuxième vie fait partie."

L’ASBL insiste aussi sur la responsabilité des opérateurs ciblant le marché belge. "En Belgique, la notion de responsabilité étendue du fabricant est essentielle à comprendre pour tous les nouveaux entrants du secteur. Si les batteries sont produites à l’étranger, c’est l’opérateur qui commercialise les véhicules et qui introduit les batteries sur le marché belge qui sera chargé de respecter les contraintes légales liées à la collecte, au transport ou encore au recyclage", rappelle Philippe Decrock, responsable des affaires publiques et légales auprès de l’association belge. "Notre objectif est de veiller à la mise en place concrète de l’économie circulaire", précise-t-il.

Le défi micromobilité

Les batteries des modèles de trottinettes actuels ont une durée de vie avoisinant les 1.000 cycles. C’est-à-dire qu’elles peuvent supporter 1.000 chargements complets.
Julien Jirikoff
Cofondateur de Freel

Du point de vue des collecteurs, si les batteries de plus de 20 kg (voitures, utilitaires, etc.) font l’objet de régulations plus lourdes quant à leur transport ou à leur démantèlement, elles ont l’avantage, pour l’instant, de la longueur de leurs cycles d’évolution et de remplacement. Là où les constructeurs de vélos et de trottinettes bénéficient, de par l’agilité de leurs structures et la jeunesse de leur secteur, d’une plus grande réactivité aux évolutions technologiques et de mises à jour rapides de leurs flottes, les entreprises automobiles sont soumises à des délais plus longs avant de pouvoir inonder le marché d’innovations et remplacer leurs parcs.

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De plus, comme le précise Julien Jirikoff, cofondateur de Freel, une start-up spécialisée dans la micromobilité en B2B, "les batteries des modèles de trottinettes actuels ont une durée de vie avoisinant les 1.000 cycles. C’est-à-dire qu’elles peuvent supporter 1.000 chargements complets. Dans le cadre d’une utilisation normale, cela correspond à une durée de 2 à 3 ans mais dans le cas de celles en libre-service (Lime, Flash, Dott), les batteries fonctionnent en surrégime et leur durée de vie tombe drastiquement."

Nul doute que la micromobilité suscitera de nombreux ajustements de la part des "Bebat" du monde entier. Même si, d’après Philippe Decrock, "les opérateurs de mobilités du type de Lime et Jump (Uber) sont sensibles à la problématique du recyclage des batteries parce qu’elle est en ligne avec l’image verte qu’ils souhaitent se donner", Bebat et Reneos préfèrent prévenir que guérir et tentent de prendre un peu d’avance.

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