"Un team building permanent qui va se prolonger au-delà de la crise"

Ce qui manque le plus à Marie-Pierre Fauconnier, c'est de pouvoir se promener de bureau en bureau en échangeant de manière informelle avec ses collègues. ©doc

Sibelga s’est découvert de nouvelles façons de travailler ensemble durant la crise. Sa CEO Marie-Pierre Fauconnier voudrait capitaliser là-dessus à l’avenir.

Un grand "team building" permanent. C’est l’image qui vient à l’esprit de Marie-Pierre Fauconnier pour décrire la manière dont ses équipes ont répondu à la crise chez Sibelga. "J’ai pris conscience de la force qu’il y a à être ensemble", souligne la CEO du gestionnaire des réseaux de gaz et d’électricité à Bruxelles. "Des personnalités se sont révélées et, comme dans un team building, elles ont été au-delà de leur contribution à l'entreprise. J’espère que cela va se prolonger au-delà de la crise."

"Les alertes au gaz se sont multipliées au début du confinement, tout simplement parce que les gens étaient tout le temps chez eux."
Marie-Pierre Fauconnier
CEO de Sibelga

Le confinement n’a pas mis les mille collaborateurs de Sibelga à l’arrêt. En front de bandière, les 150 personnes affectées au service de garde n’ont pas cessé de répondre aux appels de clients. "Les alertes au gaz se sont multipliées au début du confinement, tout simplement parce que les gens étaient tout le temps chez eux." Ces équipes ont dû entrer dans des maisons, y compris au domicile de personnes atteintes du virus. Elles l’ont fait en appliquant tout un arsenal de mesures de sécurité. "En tant que CEO, je suis fière d’avoir vu avec quelle volonté nos collaborateurs ont poursuivi leur travail", note Marie-Pierre Fauconnier.

Le bon moment pour les chantiers délicats

Il n’y a pas que les alertes. Le confinement s'est aussi avéré une opportunité pour ouvrir des chantiers d’habitude difficiles. "On a repris cette activité à Pâques. Il est plus facile de réaliser certains chantiers grâce à la réduction du trafic. Songez à la rue de la Loi, ou aux espaces devant des restaurants... On s’efforce de maximiser ces chantiers jusqu’à ce que tout reprenne, le 11 mai."

"Avec les collègues des autres gestionnaires de réseaux, on s’entraide pour gérer cette crise inédite, de sorte qu’il y ait une approche cohérente sur l’ensemble du pays."
Marie-Pierre Fauconnier
CEO de Sibelga

En attendant la relance, Marie-Pierre Fauconnier gère son entreprise en télétravail, depuis le bureau qu’elle a pris à sa fille cadette (après négociation). Elle y tient ses réunions en visioconférence: les séances se succèdent sur Zoom, Teams ou Skype avec son comité de direction, les représentants syndicaux, ses équipes et également les dirigeants des autres gestionnaires de réseaux, Ores, Fluvius et Resa. "On gère la crise au niveau de la distribution d'énergie en coordination avec nos collègues, relève-t-elle. On prend des décisions ensemble. On s’entraide pour gérer cette crise inédite, de sorte qu’il y ait une approche cohérente sur l’ensemble du pays. On échange aussi sur les conditions de la reprise."

Le retour à la normale devrait se faire sans heurts chez Sibelga, dont le plan stratégique prévoyait déjà des procédures de relance ainsi qu’une feuille de route. "On a un cap, on sait où l’on va. Même si la situation demain ne sera plus la même qu’hier."

Un manque à l'heure du thé

Si personnellement, elle n’a pas gagné de temps en s’abstenant de faire le trajet tous les jours entre son domicile et le siège de Sibelga (7 km qu’elle fait à vélo), Marie-Pierre Fauconnier s’est ajouté quelques séances de jogging. De quatre sorties de 45 minutes, elle est passée à sept par semaine. "On bouge moins en confinement, donc…" Elle lit aussi plus que d’habitude, même si elle lisait déjà beaucoup. Elle a hâte de reprendre les flâneries dans les bouquineries à la recherche du livre rare.

"Au siège, je prends ma tasse et je passe dans les bureaux de collègues: on échange des infos. C’est une source d’inspiration qui me manque en confinement."
Marie-Pierre Fauconnier
CEO de Sibelga

Elle a enfin conservé son rituel du thé. Comme au bureau, elle dispose en permanence d’une théière à portée de main. "J’en bois beaucoup. Au siège, je prends ma tasse et je passe dans les bureaux de collègues: on échange des infos, on teste des idées. C’est une source d’inspiration qui me manque en confinement. J’ai essayé de la remplacer par des conversations téléphoniques, mais ce n’est pas la même chose." Une belle ode au dialogue.

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