Un nouveau tour de chauffe pour Bodart&Gonay

©Wim Kempenaers

En procédure de réorganisation judiciaire l'an dernier, le spécialiste des poêlles de chauffage Bodart&Gonay trouve un nouveau souffle avec Jean-Paul Rosette.

On finira par le qualifier de deus ex machina des sociétés en redressement judiciaire. Jean-Paul Rosette, l’homme d’affaires de Theux qui s’est fait connaître pour avoir sauvé Carat-Duchatelet, mais aussi Clarilog, un éditeur français de logiciels professionnels, se prépare aujourd’hui à mettre Bodart&Gonay sur les rails d’un nouvel essor.

Créée il y a 60 ans quasi-jour pour jour et installée aujourd’hui dans le zoning de Harzé (Aywaille), cette société s’est fait un nom dans le petit monde du chauffage au bois en s’appuyant sur la licence des poêles Ardenne, rachetée en 1967.

©Bodart & Gonay

Après avoir connu une longue période florissante qui lui a permis d’employer jusqu’à 150 travailleurs pour un chiffre d’affaires de 20 millions d’euros, Bodart&Gonay a subi, à la charnière de 2010, des revers de fortune. En 2014 la société lance un plan social, avant que Bernard Delvaux, le patron sérésien de la Sonaca, ne prenne les rênes – et la majorité des parts – de l’entreprise.

Mais rien n’y a fait. Plongé dans un marasme sans issue, le fabricant de poêles de chauffage au bois et au gaz enclenchait l’an dernier une procédure de réorganisation judiciaire. Qui débouchait début septembre sur l’entrée en lice de Jean-Paul Rosette.

Cinq mois plus tard, Bodart&Gonay, rebaptisée BG Fires, repart sur des bases plus modestes mais n’est pas dénuée d’ambition.

Une société assainie

Jean-Paul Rosette, le nouveau propriétaire, peut s’appuyer sur une société assainie qui emploie aujourd’hui une vingtaine de travailleurs – contre près de 80 il y a deux ans – et huit intérimaires, des anciens de la maison que l’administrateur-délégué ne désespère pas de réengager si les choses tournent comme il l’entend.

"Ma première ambition, pour l’entreprise, est de revenir aux fondamentaux et de ne pas perdre d’argent. Nous y sommes arrivés dès 2016 puisque nous avons enregistré un bénéfice de 50.000 euros alors que nous nous attendions à une perte de 200.000 euros", souligne Jean-Paul Rosette.

Le fondateur de la société Flexos, première PME wallonne du secteur des TIC cotée sur le marché libre d’Euronext, ne compte pas en rester là. Le chiffre d’affaires, qui devrait tourner cette année autour de 5 ou 6 millions d’euros, devrait remonter petit à petit. "J’ai les pieds sur terre mais la tête dans les nuages. Une marque forte ne meurt jamais définitivement", dit-il.

Jean-Paul Rosette et Jean-Claude Marcourt ©Photo News

Jean-Paul Rosette ambitionne donc de faire passer le chiffre d’affaires à 8-9 millions, puis au-delà de 10 millions d’euros.

Pour cela, Bodart&Gonay mise notamment sur une gamme resserrée, sur des innovations – dont un système de gestion électronique de la ventilation – et sur la relance des exportations.

"Les poêles au gaz, qui représentent environ 10 % de nos revenus, doivent nous permettre de reconquérir les Pays-Bas et de nous étendre en Flandre, où nous avons perdu énormément de présence", précise Jean-Paul Rosette.

BG Fires espère vendre entre 2.500 et 3.000 foyers par an. Le marché français, le deuxième marché après la Belgique avec près de 40% des ventes, devrait connaître un nouvel essor dans les années à venir au sein d’un secteur qui reste compétitif malgré la douceur des hivers ou des prix du mazout, qui restent encore relativement bas.

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