Accord sur le financement du gazoduc Nord Stream 2

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Engie, Uniper, Wintershall, Shell ou encore OMV financeront la moitié du gazoduc russe Nord Stream 2 du géant Gazprom. Ce dernier se charge de l'autre moitié du financement d'un projet qui coûtera au total 9,5 milliards d'euros. Le gazoduc, qui reliera la Russie à l'Allemagne via la mer baltique sera opérationnel en 2019.

Les partenaires ouest-européens du géant gazier russe Gazprom ont conclu lundi un accord sur le financement du projet de gazoduc russe de 9,5 milliards d'euros. Lors d'une cérémonie de signature à Paris, les Allemands Uniper (ex-E.ON), Wintershall (BASF), l’Anglo-néerlandais Shell, OMV (Autriche) et Engie ont accepté de financer chacun 10% du coût du projet, soit 950 millions d'euros par entreprise.

"Aujourd'hui (lundi), nous achevons une étape importante pour le projet Nord Stream 2. Ce gazoduc sera une route de transport fiable pour l'approvisionnement en gaz naturel de l'Europe."
Alexeï Miller
Patron de Gazprom


Gazprom sera le seul actionnaire du projet et apportera pour sa part l'autre moitié du financement de ce gazoduc de 55 milliards de mètres cubes, qui entrera en activité en 2019.

1.220 km
Long de 1.220 km et d'une capacité de 55 milliards de m3, Nord Stream 2 doit venir doubler d'ici la fin 2019 les capacités de son grand frère Nord Stream 1, et permettre à plus de gaz russe d'arriver directement en Allemagne, sans passer par l'Ukraine.

L'Europe divisée

Défendu par Berlin, le projet est vivement critiqué par plusieurs pays de l'est de l'Europe, Pologne en tête. De plus le contexte de tensions géopolitiques entre l'Union européenne et Moscou depuis le conflit ukrainien de 2014 n'est pas des plus favorables.

La Commission européenne a, elle ,jugé à plusieurs reprises que ce projet n'était "pas une priorité".

En août 2016, l'Autorité de la concurrence polonaise avait rendu un avis défavorable au projet, rendant impossible la création du consortium Nord Stream 2 AG tel qu'imaginé par les industriels. Initialement Gazprom devait ainsi détenir 50% de cette co-entreprise et chacun des autres partenaires 10%.

La nouvelle structure de financement signée ce lundi "permet de répondre aux objections des autorités de la concurrence polonaise", a expliqué Gérard Mestrallet, président du conseil d'administration d'Engie. Si ce projet de gazoduc sous-marin "n'est pas dans la compétence de Bruxelles", selon le président d'Engie. Le Nord Stream 2 devra toutefois encore obtenir des autorisations nationales, notamment des autorités des pays dont il traversera l'espace maritime, comme le Danemark, la Finlande ou la Suède.

 

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