Acte décroche un gros contrat en Chine

©Debby Termonia

Le producteur d'échangeurs de chaleur liégeois s'est assuré plus d'un an de production grâce à un contrat de près d'un million d'euros.

Comme quoi, même en période de confinement pour cause de crise sanitaire, il y a moyen de faire des affaires et de signer des contrats. Acte (pour Atelier de construction de thermo-échangeurs) vient de le confirmer en signant un contrat de près d'un million d'euros. L'usine, établie dans le zoning de Grâce-Hollogne s'est assuré plus d'un an de travail grâce à la commande de l'entreprise chinoise ENN Energy Power Technology.

"Ce contrat, c'est le résultat de la mission économique princière menée en novembre 2019."
Vincent Colard
Managing director, Acte

"C'est le résultat de la mission économique princière menée en novembre 2019, note Vincent Colard, directeur général de Acte. Nous avions déjà travaillé avec cette entreprise par le passé. Mais de nouveaux contacts ont pu être développés durant ce voyage." Et un agent local particulièrement efficace a permis de concrétiser le contrat.

Acte livrera plusieurs dizaines d'échangeurs de chaleur à son partenaire chinois pour améliorer les performances de micro-turbine à gaz. C'est l'un des principaux débouchés de la start-up créée il y a moins de trois ans.

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Micro-turbine

Une micro-turbine comprime de l’air frais, ce qui augmente sa température avant de le faire passer dans une chambre de combustion où il sera mélangé à du gaz. Le mélange gazeux est ensuite détendu dans une turbine, qui produit assez d'énergie pour alimenter le compresseur d'entrée et une génératrice de courant. Mais ce système, pour économique qu'il soit, n'assure un rendement que de 15%. C'est largement inférieur aux technologies classiques telles que le moteur à piston.

"Notre client chinois travaille beaucoup sur l'utilisation de microturbines pour équiper des véhicules hybrides, comme des bus, des camions-poubelles, dont la capacité de batteries est limitée."
Vincent Colard
Managing director, Acte

Pour augmenter ce rendement, il suffit de préchauffer l'air comprimé, par exemple en récupérant la chaleur des gaz de combustion à la sortie de la turbine, qui affichent encore plus de 650°. C'est l'objectif de la technologie développée par Acte.

Les gaz d'échappement sont guidés à travers une spirale de plaques d'inox gaufrées dans laquelle circule l'air frais. Celui-ci atteint alors près de 600° avant compression. Le rendement de la microturbine est alors doublé. "Notre client chinois travaille beaucoup sur l'utilisation de microturbines pour équiper des véhicules hybrides, comme des bus, des camions-poubelles, dont la capacité de batteries est limitée", fait remarquer Vincent Colard.

Alternative au moteur à explosion

La technologie de ces micro-turbines "préchauffées" pourrait représenter une réelle alternative au moteur à explosion classique. "On s'attend à une explosion de ce marché, même si le développement est relativement long." La capacité de l'usine de Grâce-Hollogne permet à Acte de quadrupler sa production et de passer de 9 personnes à 23 dans les 5 ans.

Acte n'est pas le seul sur ce marché et dans ce créneau de recherche, mais sa technologie de production de spirales la rend assez spécifique. "Le processus de fabrication et le développement de machines a nécessité des années de travail et de recherche. Ce qui rendrait le coût d'accès assez onéreux pour un nouvel entrant", estime Colard.

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Si la commande chinoise est tout à fait spécifique dans la taille des turbines, Acte a développé une gamme de trois tailles standardisées, ce qui permet de réduire les coûts de production. De plus, la technologie appliquée pour les micro-turbines, qui oblige un encombrement réduit est également éprouvée pour des installations de plus grandes tailles. C'est l'autre gamme et le second débouché des produits de Acte.

Les spirales de plus grande taille, jusqu'à 2 mètres de diamètre, peuvent se glisser dans une cheminée et récupérer la chaleur résiduelle des fumées en fin de processus de production. Cette énergie est alors réinjectée pour préchauffer un four par exemple ou récupérée pour chauffer des bâtiments.

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