Albert Frère sort de TTR

Transcor, contrôlé par la CNP d'Albert Frère, a revendu ses 50% dans la joint-venture créée avec le groupe TPF de Thomas Spitaels. ©BELGA

La joint-venture active dans les énergies renouvelables est désormais à 50% dans les mains d’un de ses managers, le groupe TPF de Thomas Spitaels gardant les 50% restants.

Transcor Astra, contrôlé par la CNP d’Albert Frère, a revendu les 50% qu’il détenait dans TTR Energy, une structure créée en janvier 2008 avec le groupe d’ingénierie TPF pour investir dans les énergies renouvelables.

Ni à la CNP, ni chez TPF, on ne dévoile les raisons de ce retrait. Il semble toutefois qu’il ne faille pas y voir de lien avec la nouvelle inflexion stratégique donnée à l’autre grand holding de l’empire Frère, GBL: s’alléger dans le secteur de l’énergie. "C’est plutôt que cette participation n’était plus en phase avec la stratégie de Transcor, qui est de se concentrer sur de gros dossiers. Cela demandait trop de temps en management au groupe Frère", affirme une source. Une autre source pointe aussi des divergences avec le management de TTR, mais sans être en mesure d’entrer dans les détails.

L’opération s’est déroulée en deux temps: Transcor a revendu ses 50% à TPF, qui les a immédiatement revendus, à un prix identique, à Gauthier De Potter, co-administrateur délégué de TTR Energy, qui a racheté ces parts à titre personnel. Un portage éclair, donc.

Le nouvel actionnaire de TTR est en déplacement en Asie, et nous n’avons pas pu le joindre. Mais Christophe Gilain, qui est non seulement actionnaire de TPF aux côtés de Thomas Spitaels, mais aussi administrateur délégué de TTR Energy, confirme ces informations. Il ne dévoile toutefois pas le montant de la transaction. Il avoisinerait, selon une source proche du dossier, les 750.000 euros — la moitié du montant des fonds propres de TTR.

Ce retrait de Transcor va-t-il peser sur les activités de TTR? "Pas du tout, affirme Christophe Gilain. Bien sûr, sa présence dans l’actionnariat nous permettait de compter sur le réseau du groupe Frère. Mais les compétences restent chez nous, puisque Gauthier De Potter, qui a joué un rôle clé dans le développement de TTR, reste."

La principale activité de TTR, à l’heure actuelle? La gestion de deux fonds pour lesquels la banque Degroof a levé, au total, 90 millions d’euros auprès de sa clientèle. Le premier, créé en 2008, a investi dans l’éolien en France et en Belgique, la biomasse et un peu d’hydroélectricité en Espagne, et commence à revendre certains de ses actifs. Le second, qui a investi 15 des 45 millions d’euros levés, est présent dans l’éolien en France et le photovoltaïque en Belgique.

Ambitieux projet en mer

Mais les ambitions de TTR ne s’arrêtent pas là. Il fait partie du consortium Northwester II qui discute avec Mermaid, consortium dans lequel figure Electrabel, pour reprendre la moitié de la concession éolienne qu’il a reçue au large des côtes belges. Une concession à laquelle Northwester II s’était aussi porté candidat, mais sans succès.

Le dossier n’est toujours pas finalisé, mais les discussions se poursuivent. TTR est, avec 48%, l’actionnaire le plus important de Northwester II; et diviser la concession en deux pourrait signifier, pour chacun des deux consortiums, un investissement de l’ordre de 900 millions d’euros. Christophe Gilain se refuse pour l’instant à préciser si une partie de l’argent encore disponible dans le deuxième fonds de Degroof pourrait être consacrée à ce projet. "Nous pourrions aussi lever des fonds complémentaires", lâche-t-il toutefois.

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