Année record pour le photovoltaïque belge, la Wallonie mauvaise élève

Les nouvelles installations ont augmenté de 25% à Bruxelles l'an dernier, un record. ©BELGA

Alors que Bruxelles a signé en 2020 une année record en termes d’installations photovoltaïques, la Wallonie est encore trop lente pour espérer atteindre ses objectifs d'ici 2030.

Les données annuelles d’installations photovoltaïques publiées par l’Observatoire photovoltaïque, lui-même géré par l’APERe (l'ASBL de promotion des énergies renouvelables), sont clairement positives. Le secteur a la cote en Belgique, avec un record de 1 GWc (GigaWatt crête) installé à l'échelle nationale l'an dernier. Au total, le parc photovoltaïque compte désormais 6 GWc (6.036 MWc) et fournit plus de 6% de la consommation d'électricité des Belges, représentant 30% de l'équivalent de la consommation des logements (3.500 kWh/an par ménage).

Le solaire photovoltaïque belge égale ainsi la puissance nucléaire, mais toutefois pas encore l'énergie, signale l'APERe. Les quantités annuelles d'électricité produite dépendent de la disponibilité des réacteurs nucléaires, tandis que le rayonnement solaire reste relativement constant d'une année à l'autre. Mais si l'on regarde la disponibilité réelle de 2020 (62,3% de disponibilité nucléaire), le photovoltaïque belge permet bien de compenser la totalité de la production de ce réacteur.

La Wallonie en décrochage

Si les objectifs au niveau national sont principalement atteints grâce à la Flandre et ses 800 MWc installés en 2020, c'est à Bruxelles que l'on retrouve la plus forte hausse de l'intérêt pour le solaire photovoltaïque. Les nouvelles installations dans la capitale ont augmenté de 25% par rapport à 2019, dépassant les 50 MWc, et signant également un record.

140
MWc
La Wallonie a installé l'équivalent de 140 MWc l'an dernier, pour un objectif annuel de 220 MWc d'ici 2030.

Des chiffres particulièrement encourageants dans le centre et le nord du pays, alors que le sud fait figure de vilain petit canard. La Wallonie a ainsi connu une baisse de 60% du taux de déploiement des grandes installations et de 85% sur les très grandes installations, note Edora, la fédération des énergies renouvelables. Les petites installations se maintiennent par contre sur tout le territoire ou y sont en forte augmentation.

Alors que la Région s'était fixée pour objectif d'installer annuellement 220 MWc d’ici à 2030, la barre sera donc difficile à atteindre, avec seulement 140 MWc installés l'an dernier. La comparaison est particulièrement douloureuse avec les autres Régions: si la Wallonie avait suivi leur performance, elle aurait ainsi installé 3 fois plus, soit entre 350 et 400 MWc. La filière éolienne est, elle aussi, quelque peu délaissée, avec 70 MW en 2020, pour un objectif de 100 MW.

Dégager les moyens nécessaires

Selon Edora, ces manquements "laissent présager un problème structurel pour le secteur renouvelable et le respect des engagements climatiques de la Région". La fédération appelle à l’amélioration du cadre de développement du renouvelable wallon, en apportant une visibilité suffisante aux acteurs du secteur. Une évolution qui doit, selon elle, passer par un mécanisme de soutien adéquat et spécifique au développement des différents types d’installations et une augmentation des enveloppes de certificats verts disponibles, "déjà épuisées pour 2021", souligne-t-elle.

Autre doléance d'Edora: décider de mesures tarifaires "qui s’imposent en matière d’autoconsommation collective et de communautés d’énergie renouvelable". La fédération espère ainsi que la Wallonie favorisera la consommation en circuit court de l’électricité produite par les installations renouvelables décentralisées.

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