Au moins deux réacteurs à l'arrêt tout l'hiver

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Electrabel a reporté la date de redémarrage de deux réacteurs, Tihange 2 et Tihange 3. Ils ne seront dès lors pas disponibles cet hiver. En cas de grands froids ou de problèmes sur d'autres centrale, le risque de pénurie d'électricité pourrait être bien réel.

Electrabel  vient de revoir son planning pour le redémarrage de Tihange 2. Pour rappel, mercredi, on apprenait que deux réacteurs supplémentaires, Doel 4 et Tihange 2, étaient mis à l'arrêt en raison de problèmes de béton. Des problèmes de dégradation qui avaient déjà été constatés sur les réacteurs de Doel 3 et de Tihange 3. Electrabel s'était refusé, jusqu'ici, à modifier le calendrier de disponibilité de sa flotte nucléaire.

Il vient de le faire ce vendredi. Tihange 2 sera indisponible jusqu'au 1er juin. Et comme si une mauvaise nouvelle ne suffisait pas, Tihange 3, dont le redémarrage était jusqu'ici annoncé à la fin du mois, ne reprendra pas du service avant le 1er mars 2018. On n'a pas encore de précisions sur les raisons de ce report. "Beaucoup d'actions sont encore en discussions. Nous n'avons pas encore la garantie que le bâtiment présente la résistance nécessaire" entend-on du côté de l'AFCN, le gendarme du nucléaire belge.

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Electrabel n'a par contre pas revu le calendrier pour Doel 4, également affecté par des problèmes de béton. L'entreprise annonce toujours un redémarrage pour le 15 décembre.

La situation s'annonce donc fort tendue pour l'hiver à venir. En cas de grands froids ou de problèmes sur d'autres centrale, le risque de pénurie d'électricité pourrait être bien réel. Le gestionnaire du réseau à haute tension en Belgique, Elia, se refuse pour l'instant à tout commentaire sur le maitien à l'arrêt de Tihange 2 et Tihange 3, et ses conséquences. "Nous ne pouvons pas encore estimer le problème et sommes encore en train de procéder à des analyses."

Seuls Doel 3 et Tihange 1 sont opérationnels

Le mois de novembre s'annonce également tendu, avec un seul réacteur en fonctionnement. Seuls Doel 3 et Tihange 3 sont en effet disponibles pour l'instant. Et une révision est panifiée à Tihange 1 du 20 octobre au 28 novembre."Nous sommes en train d'examiner s'il y a une marge pour modifier ce calendrier, mais les dates de révision prévues sont pour l'instant maintenues" explique Anne-Sophie Hugé, porte-parole d'Engie Electrabel.

Les réacteurs de Doel 1 et 2 sont à l'arrêt jusque courant du mois de décembre, suit à un problème de fuite à proximité du réacteur, dans un endroit difficile d'accès. Une mauvaise surprise dans le planning des travaux ne peut donc pas être exclue.

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Toutes les dates de relance ne restent que "les meilleures estimations au regard des informations connues à ce jour", précise l'opérateur des centrales nucléaires. Autrement dit, Engie Electrabel prévient que les dates de reprise "pourront être modifiées en fonctions des optimisations du planning, du résultat des inspections futures, de l'avancement des travaux et des injonctions des autorités".

L'action de la maison-mère, Engie , se tassait ce vendredi dans un marché parisien en hausse.

Engie a communiqué dans l'après-midi que cette mise à jour sur Tihange 2 et Tihange 3 aurait un impact d'environ 250 millions d'euros sur l'Ebidta et le résultat net récurrent du groupe en 2018. Un chiffre qui vient s'ajouter aux 350 millions d'euros de manque à gagner déjà prévu en 2018 à cause des indisponibilités précédentes. Le groupe confirme malgré tout ses objectifs 2018 sur le résultat net récurrent part du groupe, dans le bas de la fourchette annoncée de 2,45 à 2,65 milliards d'euros, sur le ratio dette nette/Ebitda et sur le dividende. "Le plan d'actions lancé en juin dernier (renégociations de contrats, optimisation des moyens de production) combiné aux très bonnes performances des autres activités du groupe, compensent en grande partie les impacts liés à ces indisponibilités nucléaires", annonce Engie.

40
Millions € / mois
Engie Electrabel voit son résultat net récurrent amputé de près de 40 millions d’euros par mois pour chaque réacteur arrêté. Au total, l'indisponibilité de son parc nucléaire devrait lui coûter 600 millions d'euros en 2018, mais les autres activités et une série de mesures correctrices lui permettent malgré tout de maintenir ses objectifs 2018.

 

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