BASF fait une croix sur sa nouvelle centrale au gaz à Anvers

Avec l’abandon de son partenaire BASF, Engie Electrabel voit s’évaporer une des quatre possibilités de nouvelles centrales au gaz. ©IMAGEGLOBE

BASF a renoncé à construire une centrale électrique avec Engie sur son site anversois, citant, notamment, "un soutien public trop incertain".

Le groupe chimique BASF, un des plus gros consommateurs d’énergie dans notre pays, ne va donc pas construire lui-même une nouvelle grande centrale au gaz. L’entreprise chimique s’était alliée au groupe énergétique Engie pour ériger, sur le site chimique à Anvers, une centrale électrique au gaz de 850 mégawatts (MW), soit environ autant que les centrales nucléaires Doel 1 et Doel 2 réunies.

"Nous aurons encore besoin de vapeur pour notre production. Une rénovation ou une extension de la centrale actuelle font donc partie des options envisagées."
Fanny Heyndrickx
Porte-parole de BASF

Le projet représentait un investissement de quelque 400 millions d’euros. À travers cette centrale, BASF et Engie entendaient bénéficier des subsides publics visant à permettre à notre pays de disposer d’une capacité énergétique suffisante lorsque les centrales nucléaires fermeront en 2025. Mais BASF se retire du projet, comme l’a appris notre rédaction.

Trop d'incertitudes

"En concertation avec le siège à Ludwigshafen, nous avons décidé que ce projet n’était plus prioritaire", déclare la porte-parole de l’entreprise, Fanny Heyndrickx. "Bien que notre site se prête bien à la construction d’une centrale au gaz, le ‘business case’ s’est révélé en définitive trop négatif. L’environnement économique est incertain. Le mécanisme de soutien ne fait pas apparaître clairement les compensations que l’on peut espérer des pouvoirs publics. Par ailleurs, notre entreprise veut investir dans l’énergie renouvelable et s’assurer que la croissance de notre production d’ici 2030 n’entraînera pas d’émissions de CO2 supplémentaires. En construisant une nouvelle centrale au gaz, nous n’aurions pas pu atteindre cet objectif."

253 millions
d'euros
Les subsides versés par les autorités belges pour la construction de nouvelles centrales à gaz pourraient coûter jusqu'à 253 millions d'euros par an, selon la ministre de l'Énergie Tinne Van der Straeten.

Avec une consommation annuelle de 1,5 million de mégawatts-heures d’électricité et 5,7 tonnes de vapeur, BASF fait partie des principaux consommateurs d’énergie du pays. Sur le site anversois, l’entreprise exploite déjà avec Engie la centrale au gaz Zandvliet Power d’une capacité de 400 MW. Cette centrale produit de l’électricité, mais aussi de la vapeur que BASF utilise pour ses processus chimiques. Son permis d’exploitation vient à échéance en 2023.

"L’objectif de la nouvelle centrale était de compléter l’actuelle pour alimenter le marché", précise Fanny Heyndrickx. "À présent, nous allons étudier différents scénarios pour le futur de notre centrale gaz-vapeur existante. Elle arrive en fin de cycle de vie. Mais, de toute façon, nous aurons encore besoin de vapeur pour notre production. Une rénovation ou une extension de la centrale actuelle font donc partie des options envisagées."

Aide publique

L’objectif du gouvernement est d’attribuer aux enchères, en octobre prochain, une aide publique en vue de développer un nouveau site de production. Plus nombreux seront les candidats à la construction de centrales au gaz, plus vive sera la compétition et plus bas sera le montant de subsides à débourser. Selon l’estimation la plus récente de la ministre de l’Énergie Tinne Van der Straeten (Groen) les subsides coûteront jusqu’à 253 millions d’euros par an.

Avec l’abandon de son partenaire BASF, Engie Electrabel voit s’évaporer une des quatre possibilités de nouvelles centrales au gaz.

La ministre écologiste est convaincue que les investisseurs participant aux enchères seront en nombre suffisant. "Pour la première fois en 20 ans, le marché bouge et c’est une bonne chose", se réjouit Tinne Van der Straeten. "Le planning du déploiement du mécanisme de soutien aux centrales au gaz (CRM) ne change pas: après des années de tergiversations, la sécurité d’investissement est enfin assurée. Le niveau de capacité qui devrait participer aux enchères serait de trois à quatre fois supérieur aux besoins. Il est logique que des projets soient abandonnés en cours de route, que de nouveaux viennent s’y ajouter ou soient ajustés pour remettre à niveau l’infrastructure existante."

Avec l’abandon de son partenaire BASF, Engie Electrabel, le principal acteur énergétique en Belgique, voit s’évaporer une des quatre possibilités de nouvelles centrales au gaz. "Nous continuons à développer les trois autres projets à Vilvorde, Les Awirs et Amercoeur", précise sa porte-parole Hellen Smeets. "Pour les trois projets restants, l’objectif est d’obtenir les permis nécessaires afin de participer aux enchères CRM en octobre."

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