Bcheck lève 1,1 million pour prédire les pannes de chaudières

La start-up a développé un capteur qui analyse l’état de forme des chaudières. Spin-off de Luminus, Bcheck a reçu le soutien de Finance & Invest.Brussels.

L’automne s’installe. Temps froid et chaudière en panne en vue. En d’autres mots, la haute saison débute pour la start-up Bcheck. Lancée en 2017, l’entreprise a développé un capteur intelligent à fixer directement sur un des tuyaux de la chaudière. En analysant la température et les vibrations de l’installation, la start-up est capable de détecter les pannes et même de les prédire.

"Notre technologie est comparable à un bracelet connecté."
Jacques Bolzer
Cofondateur de la start-up

"Notre technologie est comparable à un bracelet connecté. En plus de ces deux données, nous avons également un système qui mesure le champ électromagnétique mais nous ne l’utilisons pas encore", explique Jacques Bolzer, l’un des trois cofondateurs de la start-up installée dans l’implantation bruxelloise de Start-it KBC. Si le fondateur a le sourire quand il évoque son projet, c’est aussi parce qu’il peut compter sur un nouvel investisseur solide.

Le patron vient de clôturer une levée de fonds d’1,1 million d’euros auprès de Finance & Invest.Brussels. "Habituellement, notre soutien tourne entre 200 et 500.000 euros. Cela montre ici notre intérêt", explique Pierre Hermant, le CEO de Finance & Invest.Brussels. S’il s’est laissé tenter, c’est aussi grâce à Luminus, dont Bcheck est une spin-off. "Nous étions intéressés par le projet, et l’expertise de Luminus nous a confirmé que nous pouvions y aller", explique encore Pierre Hermant qui pense d’ailleurs à renouveler cette stratégie de "coorporate venturing" avec d’autres start-ups.

Déjà un million investi par Luminus

Bcheck est l’un des premiers projets à sortir du programme "Next", initié par Luminus. Ce dernier a pour ambition de stimuler l’innovation en incitant les employés de l’entreprise à proposer des idées à développer en start-up. "Bcheck fait partie des trois premiers projets. Nous l’avons soutenu dès le début en investissant un million d’euros, explique Grégoire Dallemagne, le CEO de Luminus. C’est important de faire sortir le projet de la structure de Luminus et de l’ouvrir à l’extérieur. Son ambition va bien plus loin que notre champ d’activités."

4
millions
Le marché potentiel pour Bcheck est énorme. Rien qu’en Belgique, selon les estimations de la start-up, il y aurait 4 millions de chaudières.

Après avoir convaincu les investisseurs, reste désormais à séduire le public. Les premiers tests sont encourageants selon le responsable et la prédiction s’avère efficace. Encore faudra-t-il convaincre les clients que des travaux sont à faire sur leur chaudière avant même qu’elle ne tombe en panne. "Effectivement, certaines personnes refuseront sans doute. Mais si notre système fonctionne réellement, elles ne s’y opposeront qu’une fois, puisqu’elles verront que la panne est survenue peu de temps après", assure le patron.

Visiblement sûr de lui, Jacques Bolzer devra probablement aussi faire face aux évolutions technologiques développées directement par les constructeurs. "Pour le moment, les chaudières connectées représentent moins de 5% du marché. Cela va probablement évoluer. C’est donc un concurrent mais nous gardons plusieurs avantages. Elles sont beaucoup plus coûteuses et fonctionnent chacune avec leur propre solution. Cela signifie donc qu’un professionnel devrait travailler avec toutes des plateformes différentes, ce qui n’est pas efficace. Plusieurs m’ont déjà dit qu’ils préfèrent fonctionner avec une même solution et qu’ils installeront donc notre solution sur toutes les chaudières, même les connectées", ajoute encore le responsable.

49
euros
Fabriqué en Belgique, le capteur est vendu 49 euros et un abonnement mensuel d’un euro est ensuite demandé au client.

L’entreprise, qui compte aujourd’hui dix travailleurs, dispose d’un potentiel de croissance énorme. Selon les chiffres présentés par la start-up, l’Europe compte 85 millions de chaudières dont 4 millions en Belgique. "Nous venons de réaliser notre tout premier lot de production, qui est déjà presque écoulé. Nous espérons en vendre plusieurs dizaines de milliers l’année prochaine, ce qui nous permettrait d’être à l’équilibre dès 2020", explique le cofondateur.

Fabriqué en Belgique, le capteur est vendu 49 euros et un abonnement mensuel d’un euro est ensuite demandé au client.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect