BP ne versera pas de dividende cette année

Tony Hayward CEO de BP et Lamar McKay président de BP America Inc

Le groupe pétrolier BP place 20 milliards de dollars sur un compte bloqué pour dédommager les victimes de la marée noire et annonce qu'aucun dividende ne sera payé aux actionnaires de BP Plc cette année. Il va aussi céder pour 10 milliards d'actifs.

BP va placer 20 milliards sur un compte bloqué pour dédommager les victimes de la marée noire dans le golfe du Mexique. Le compte sera géré de manière indépendante sur plusieurs années afin de répondre aux demandes d'indemnisations d'individus et d'entreprises touchés par la catastrophe. Dans le cadre d'un "positionnement financièrement très prudent" face à cette catastrophe, le groupe va réaliser pour 10 milliards de dollars de cession dans les 12 mois à venir.

L'annonce est survenue alors qu'Obama recevait pour la première fois à la Maison Blanche le président de BP, Carl-Henric Svanberg, son directeur général Tony Hayward et le patron de BP Amérique, Lamar McKay. En début d'après-midi, les trois dirigeants étaient à l'intérieur de la présidence depuis plus de trois heures, largement plus que prévu à l'origine. Obama a précisé que les 20 milliards placés par BP ne se substituaient pas au droit de tout état ou individu de poursuivre la compagnie en justice.


BP va en outre financer un fonds de 100 millions de dollars pour les travailleurs licenciés.

Les actions du britannique BP ont fini en hausse mercredi à la Bourse de New York: + 1,43% à 31,85 dollars. "Une part de l'incertitude a été levée", a observé Peter Cardillo, d'Avalon Partners.

 

Dividende annulé

BP Plc annule le dividence du 1er trimestre, qui devait être payé le 21 juin. Et il n'y aura pas de dividende aux deuxième et troisième trimestre.

Défaut de paiement


Le coût pour s'assurer contre un défaut de paiement du groupe britannique BP a atteint des sommets mercredi, alors que la société reste sous le feu des critiques aux Etats-Unis.

Le coût de son CDS ("credit default swap") à cinq ans, contrat d'assurance au cas où la société ferait défaut à cet horizon, est monté à 625,3 points de base (soit 6,253% du montant de la dette concernée) mercredi à la mi-journée, selon des données transmises par la société spécialiste de l'information sur le crédit CMADataVision, contre 506,1 points de base mardi.
Le 22 avril, jour où une plateforme pétrolière que le groupe exploitait a sombré dans le golfe du Mexique, il avait fini à 42,7 points de base. Pour un investisseur, se protéger des risques de défaut de la dette de BP coûtait donc environ 20% de plus mercredi que la veille, et près de 14 fois plus cher que deux mois auparavant.

Les dégâts

Mardi, les autorités ont une nouvelle fois révisé à la hausse l'étendue de la pollution, estimant que jusqu'à 60.000 barils de brut se déversaient quotidiennement dans l'océan, soit 50% de plus que la précédente estimation "haute". BP espère pouvoir en pomper bientôt 90% à la source.


Mais entre 300 et 500 millions de litres d'hydrocarbures auraient déjà fui du puits situé par plus de 1.500 mètres de fond.
BP dit avoir déjà dépensé 1,6 milliard de dollars pour répondre à la catastrophe, mais des experts estiment qu'elle pourrait au final lui coûter entre 30 et 100 milliards.

A Londres

Le Premier ministre britannique David Cameron a tiré la sonnette d'alarme à propos des risques financiers pesant sur le groupe, estimant que BP avait "besoin de certitudes" sur ce qu'on attend de lui aux Etats-Unis.

"Le souci de BP, c'est d'avoir une certaine assurance qu'il n'y aura pas de plaintes déposées qui soient très indirectement liées à la marée noire", a averti Cameron. "L'important est que cela ne devienne pas un problème entre les Etats-Unis et le Royaume-Uni. Le président Obama ne le veut pas, et je ne le veux pas."

 

 

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés