D'où viendra l'énergie belge après 2025?

Quel que soit le scénario retenu, il semble clair que les principales variations dans les projections découlent du choix sur le nucléaire. ©Peter Hilz

Le projet collaboratif de recherche flamand EnergyVille a élaboré pour Engie différents scénarios quant à l'approvisionnement en énergie du pays à l'horizon 2030-2050.

Prolongera, prolongera pas? L'avenir du nucléaire belge est sans doute la question la plus brûlante dans les sphères décisionnelles de l'énergie. Parce qu'au-delà de l'enjeu politique, il en va de la stratégie d'approvisionnement du pays à partir de 2025. Ni plus ni moins.

Face à cette question, Engie a mandaté EnergyVille, une collaboration entre les partenaires de recherche flamands KU Leuven, Vito, imec et UHasselt, afin d'y voir plus clair et d'analyser le futur mix énergétique belge. À l'aide de scénarios et de modèles prospectifs, l'équipe de chercheurs est parvenue à se projeter au-delà de 2025 et du coup d'arrêt prévu pour le nucléaire belge, afin d'imaginer le futur de l'approvisionnement énergétique du pays.

Explosion du renouvelable

Première observation saillante, le renouvelable occupera une place importante dans la production d'électricité, quelle que soit la décision prise quant à une éventuelle prolongation des réacteurs.

50%
de l'approvisionnement énergétique
La part du renouvelable dans le mix énergétique devrait atteindre 50% d'ici 2030.

Sur base des ambitions actuelles, EnergyVille prend en compte une croissance de 219 GW de capacité renouvelable dans les pays voisins d'ici 2030, conformément aux rapports internationaux. En Belgique, selon le scénario le plus réaliste, la part du renouvelable dans le mix énergétique devrait atteindre 50%.

Les chercheurs ont également élaboré un scénario qui refléterait de plus grandes ambitions pour le renouvelable. La part prise dans la production d'électricité atteindrait jusqu'à 66% dès 2030, principalement grâce à un déploiement important d'unités photovoltaïques.

Centrales au gaz et CO2

Là où la prolongation du nucléaire pourrait avoir un impact significatif, c'est concernant l'installation de nouvelles capacités de production au gaz. Ici, les chercheurs trouvent que 3,85 GW additionnels seront nécessaires en cas de sortie complète du nucléaire. Par conséquent, la Belgique connaîtrait un pic d'émissions de CO2 en 2026 avant de revenir à un niveau inférieur à l'actuel en 2030.

106 à 134 millions
d'euros
L'étude montre que garder deux centrales nucléaires ouvertes plus longtemps signifie des économies annuelles de 106 à 134 millions d'euros.

Naturellement, la prolongation du nucléaire réduit le besoin d'investissements dans les centrales au gaz. "Une prolongation de 10 ans réduit les investissements à 2,7 GW, 20 ans à 2,1 GW", explique Pieter Lodewijks, en charge de la recherche pour EnergyVille. "La prolongation de la durée de vie du nucléaire signifie que les émissions de CO2 du secteur électrique seront considérablement plus faibles, en particulier dans la période jusqu'à 2030, en raison de la moindre utilisation des centrales au gaz", ajoute-t-il. L'étude montre que garder deux centrales nucléaires ouvertes plus longtemps signifie des économies annuelles de 106 à 134 millions d'euros, sur dix ou vingt ans.

Peu importe le scénario retenu, il apparaît clair que les principales variations dans les projections découlent du choix sur le nucléaire. Espérons que pour la prochaine étude, cette variable soit définitivement connue.

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