De nouveaux bâtiments pour le combustible nucléaire usé

Engie Electrabel prépare la construction de nouveaux bâtiments pour entreposer le combustible nucléaire usé à Tihange et à Doel. Le montant de l’investissement? 110 millions d’euros.

Ce 11 janvier, les habitants d’Huy et des communes avoisinantes sont invités à une réunion d’information sur le projet de construction de trois nouveaux bâtiments sur le site de la centrale nucléaire de Tihange, à l’emplacement de l’actuel parking de Tihange 3. Des bâtiments qui doivent servir à entreposer le combustible usé sur le site de la centrale. La même démarche va être entreprise à Doel.

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millions
Le montant de l’investissement? 110 millions environ, répond Electrabel.

Les bâtiments d’entreposage actuels arrivent en effet progressivement à saturation. Et ce n’est pas lié à la prolongation de Tihange 1 et de Doel 1 et 2 pour dix ans: les capacités existantes auraient de toute façon été insuffisantes.

Le montant de l’investissement? 110 millions environ, répond Electrabel. Un montant qui est couvert par les provisions nucléaires constituées par l’exploitant.

120 tonnes par an

Les sept réacteurs belges produisent, en temps normal, environ 120 tonnes d’uranium usé par an. Après avoir passé trois à quatre ans dans le réacteur, les assemblages de combustible usé sont fortement irradiants et dégagent une chaleur importante. Ils sont donc entreposés durant deux ans environ dans une piscine de désactivation adjacente à chaque réacteur, qui contient de l’eau borée.

Par le passé, ce combustible usé était après envoyé à La Hague, où il était retraité. Les résidus les plus radioactifs étaient ensuite vitrifiés et renvoyés en Belgique, où ils sont stockés par Belgoprocess à Dessel.

Mais en 1993, le gouvernement a décidé d’un moratoire sur le retraitement de ce combustible.

Déchets a, Un nouveau dossier à l’AFCN

Hasard du calendrier, l’Ondraf, l’organisme chargé de la gestion des déchets radioactifs en Belgique, a annoncé mardi avoir introduit un nouveau dossier auprès de l’AFCN pour construire à Dessel une installation de stockage définitif en surface des déchets A, ceux de faible et moyenne activité et de courte durée de vie – on ne parle pas ici de combustible nucléaire. Le dossier introduit en 2013 avait été jugé incomplet par le gendarme du nucléaire.

Quelque 70.000 m3 de déchets doivent être stockés dans cette installation."Il s’agit d’un dossier très complexe. C’est aussi la première fois qu’une telle installation sera construite en Belgique", souligne Rudy Bosselaers, chef de programme à l’Ondraf. Ce dernier espère recevoir l’autorisation pour mi-2020, et stocker les premiers déchets en 2024.

Deux bâtiments d’entreposage intermédiaire ont donc été construits: un à Doel et un à Tihange. À Doel, il s’agit d’un entreposage à sec dans des conteneurs spéciaux. À Tihange, il s’agit d’un entreposage en piscines, dans des racks recouverts de 8 mètres d’eau borée. Mais ces bâtiments arrivent progressivement à saturation – on parle de 2023 pour Tihange – et comme le gouvernement n’a pas encore pris de décision finale sur le sort de ces déchets, il va encore falloir les entreposer durant des décennies, y compris durant le démantèlement des centrales nucléaires.

Engie Electrabel a donc déposé un dossier de permis d’exploitation nucléaire auprès de l’AFCN pour le nouveau bâtiment à Tihange. Et il lance, lundi prochain, la procédure en vue d’introduire une demande de permis unique auprès des autorités wallonnes: après cette réunion d’information, une étude d’incidences sera réalisée. "La demande de permis sera alors déposée, et suivie d’une enquête publique au cours de laquelle la population aura l’occasion d’introduire ses remarques", précise Anne-Sophie Hugé. Une procédure similaire aura lieu un peu plus tard pour Doel.

Dans les deux cas, Electrabel a opté cette fois pour un entreposage à sec, similaire à celui qui est déjà utilisé à Doel. Le combustible sera placé dans des conteneurs à double usage, qui peuvent être utilisés à la fois pour l’entreposage et le transport. Des conteneurs qui peuvent résister à des accidents externes comme une chute d’avion ou un incendie majeur, affirme Electrabel, et qui se trouvent à leur tour placés dans des bâtiments résistants aux séismes et équipés d’un système de ventilation passive. À Tihange, l’objectif est de commencer les travaux en 2020, pour avoir un bâtiment opérationnel en 2023.

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