Déjà des risques de pénuries d'électricité en septembre

©Photo News

Pour la première fois, la Belgique risque déjà des pénuries d’électricité en septembre, en cas de circonstances défavorables.

Dans des conditions normales, pas de problème. Mais si les conditions sont exceptionnelles, la Belgique pourrait vivre des pénuries d’électricité dès le mois de septembre. Les besoins d’importations pourraient en effet dépasser les capacités, montre le "Summer Outlook" d’Entso-E, l’association des gestionnaires de réseau de transport d’électricité européens.

Par conditions exceptionnelles, Entso-E entend une situation comme il s’en produit une fois tous les 10 ans. Dans le sud de l’Europe, ce sont les vagues de chaleur qui peuvent conduire à ces situations défavorables, l’utilisation intensive de l’air conditionné augmentant fortement la demande d’électricité. Ce n’est pas le cas en Belgique: chez nous, une situation exceptionnelle serait liée à une très faible production de l’éolien et du solaire, conjuguée à l’indisponibilité d’un certain nombre de centrales classiques, avec notamment des pannes imprévues.

"Il faudrait un concours de circonstances où une série d’éléments négatifs se conjuguent."
Barbara Verhaegen
Porte-parole d’Elia

→ Durant les mois de juillet et août, pas de problème insurmontable: les importations devaient permettre de couvrir l’entièreté de la demande.

→ Mais avec la rentrée de septembre et la reprise de l’activité économique, le risque est bel et bien réel en cas de scénario défavorable.

Enso-E chiffre même ce risque: il y a 4 à 6% de probabilités qu’à la fin de cet été, la Belgique connaisse un jour durant lequel les besoins d’importation dépassent les capacités d’importation. Il faudrait alors délester certaines parties du pays, sous peine de connaître un black-out.

C’est la première fois qu’un tel risque est pointé pour l’été. Il est notamment dû au grand nombre de centrales qui seront à l’arrêt pour entretien cet été: vu les risques de pénuries durant l’hiver, pas mal de travaux de maintenance ont été déplacés vers cette période. En outre, des travaux sont prévus sur le réseau, ce qui va réduire les capacités d’importation d’électricité durant presque tout l’été.

5%
Ce scenario n'est réaliste que si les renouvelables ne produisent qu’à 5% de leurs capacités, et que les arrêts forcés de centrales se montent à 1.200 MW.

Entso-E souligne qu’il a dû procéder à son évaluation alors que certaines incertitudes demeurent, en particulier quant à la disponibilité de certaines unités nucléaires. On songe en particulier au réacteur de Doel 2, qu’Electrabel pourrait arrêter trois mois cet été, pour économiser le combustible pour l’hiver. Mais la loi de prolongation du nucléaire n’étant pas encore votée en séance plénière, il affirme ne pas avoir encore arrêté sa décision, et refuse de communiquer le calendrier de cet arrêt possible. "Les données que nous avons transmises à Entso-E comprennent différents scénarios", note Barbara Verhaegen, porte-parole du gestionnaire de réseau Elia, sans donner plus de détails.

Le gestionnaire de réseau confirme qu’une situation tendue pourrait se produire en septembre, tout en relativisant. "Il s’agirait d’un concours de circonstances extraordinaires, où une série d’éléments négatifs se conjuguent".

La situation exceptionnelle sur laquelle se basent les estimations d’Entso-E implique en effet que les renouvelables ne produisent qu’à 5% de leurs capacités, et que les arrêts forcés de centrales se montent à 1.200 MW.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés