Délestage cet hiver: êtes-vous concerné?

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Le nouveau plan de délestage garantit une puissance de délestage d'environ 5.000 MW contre 3.000 MW précédemment. Les centres urbains de plus de 50.000 habitants seront épargnés du délestage ainsi que les chefs-lieux de provinces, les aéroports et les ports commerciaux.

Au mois de janvier, la ministre fédérale de l'Energie, Marie-Christine Marghem, avait demandé une évaluation du plan de délestage existant. Une vingtaine de réunions ont eu lieu et ont débouché sur une version actualisée.

Le comité de concertation a validé ce mercredi ce plan de délestage qui doit éviter à la Belgique un black-out électrique cet hiver. Huit tranches sont prévues au lieu de 6 dans la mouture précédente. De son côté, le secteur demande plus de transparence de la part du gestionnaire de réseau.

Carte des cabines potentiellement touchées par le délestage, par entités. Les tranches (de 1 à 8) ne sont pas prises en compte:

Que prévoit le nouveau plan?

Le délestage consiste en l'arrêt de l'alimentation électrique pendant une durée limitée, en principe deux ou trois heures entre 17h et 20h. Il doit éviter qu'en cas de grand froid, un pic de consommation ne provoque un black-out électrique.

Le nouveau plan garantit une puissance de délestage d'environ 5.000 MW, contre 3.000 MW précédemment. Il comprend 5 zones électriques (Nord Ouest, Nord Est, Centre, Sud Ouest, Sud Est) divisées en 8 tranches.

Un nombre de tranches plus important accroît la puissance de délestage pendant toute l'année, permet une plus grande rotation des tranches et donc une meilleure répartition des désagréments, et une meilleure répartition de la puissance délestable.

Qui sera épargné?

Seront épargnés par les délestages, les centres urbains de plus de 50.000 habitants, les chefs-lieux de provinces ainsi que les aéroports et les ports commerciaux (sont inclus les aéroports régionaux et le port de Gand). Dans les zones de délestages, des sites seront relancés en priorité: hôpitaux, centres d'appel d'urgence, ...

Si un délestage est nécessaire, il commencera par la tranche 8 et suivra un ordre décroissant jusqu'à la tranche 2. La tranche 1 est réservée au délestage automatique qui ferait suite à un accident soudain mettant en danger l'équilibre du réseau électrique belge ou européen.

Le trafic ferroviaire sera arrêté préventivement dans tout le pays et durant toute la journée en cas d'activation du plan de délestage. Si la tranche 8 est activée, un plan de circulation réduit sera toutefois mis en œuvre.

 

L'hiver passé, le plan de délestage n'avait pas dû être activé.

Qu'en pense le secteur?

Par voie de communiqué, la Fédération Belge des Entreprises Électriques et Gazières (FEBEG) plaide "pour davantage de transparence à propos de la méthodologie utilisée pour estimer la consommation de pointe, le potentiel de gestion de la demande, les capacités d'importations aux frontières et mises à disposition du marché".

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Tout en reconnaissant l'exercice complexe, la FEBEG demande des éclaircissements sur les estimations de consommation calculées par le gestionnaire du réseau (GRT) Elia, et ce pour l'hiver prochain mais aussi pour le long terme. Ainsi, la capacité d'importation d'électricité est en principe estimée à 3.500 MW mais dans le cadre du plan de délestage, Elia rabaisse ce plafond à 2.750 MW, pointe la FEBEG, qui réclame donc des explications.

La Fédération Belge des Entreprises Électriques et Gazières s'interroge également sur la capacité d'effacement, soit l'engagement d'entreprises de consommer moins d'électricité en cas de risque de pénurie, et qui a été estimée par Elia à 600 MW.

La FEBEG estime par ailleurs que le principe de la réserve stratégique représente une mesure transitoire adéquate sur le court terme mais qu'elle n'apporte pas de remède structurel au problème du manque d'investissements. Et "la faiblesse structurelle des prix sur les marchés de gros de l'électricité et les nombreuses incertitudes réglementaires qui entourent le marché n'apportent guère de signaux positifs aux investisseurs", met une nouvelle fois en garde la fédération.

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Celle-ci suggère différentes mesures, dont la modification des modalités des tarifs de transport de gaz pour la production d'électricité et la suppression des tarifs d'injection pour l'électricité. La FEBEG demande de renforcer le dialogue avec les autorités, le régulateur et les gestionnaires de réseaux dans l'objectif de créer "un cadre favorable et nécessaire pour attirer les investissements".

En attendant, les fournisseurs et producteurs disent "proroger et renforcer, en 2015-2016, les bonnes pratiques mises en place lors de l'hiver passé" en vue d'assurer la fourniture d'électricité à leurs clients.

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