Dernière offre de Veolia sur Suez avant une possible offensive

Veolia revoit son offre à la hausse sur les parts d'Engie dans Suez. ©AFP

Nouvelle étape dans le bras de fer que se livrent Veolia et Engie sur les parts de Suez. Même améliorée, Suez juge l'offre trop floue et appelle Engie à la rejeter.

En France, un nouveau rebondissement est survenu dans la tentative mouvementée de reprise de Suez . Veolia a en effet déposé une offre améliorée pour racheter à Engie les quelque 30% qu'il détient dans l'entreprise, ajoutant ainsi à la guerre de tranchée qui sévit depuis plusieurs semaines, Suez s'opposant mordicus à une reprise par le géant français des services environnementaux.

Désormais, l'offre de Veolia se monte à 18 euros par action, contre 15,50 euros, les parts de Suez étant ainsi valorisées à 3,4 milliards contre 2,9 milliards auparavant.  "L'offre à Engie est valable jusqu'à mercredi minuit. Après, je reprends ma liberté", a tenu à préciser Antoine Frérot, le PDG de Veolia.

Mercredi soir, le conseil d'administration d'Engie a annoncé "que cette nouvelle offre répondait à ses attentes en termes de prix et de garanties sociales" et a, en outre, fait part de sa volonté que Veolia étende la validité de sa nouvelle offre jusqu’au 5 octobre 2020 afin que Veolia formalise son engagement inconditionnel de ne pas lancer d’offre publique d’achat qui ne soit pas amicale."

18 €
Veolia porte son offre à 18 euros par action valorisant les parts de Suez à 3,4 milliards.

Le dossier était sur sur la table d'un conseil d'administration de la plus haute importance ce mercredi chez Engie. Néanmoins, Suez a immédiatement appelé Engie à rejeter cette offre, la jugeant trop floue.

OPA amicale, sauf si...

Veolia s'engage aussi à lancer une OPA amicale (au même prix) sur le reste du capital de son concurrent. "Pour y parvenir, Veolia propose à Suez de se donner une période de six mois expirant le 31 mars 2021, pendant laquelle les parties feront leurs meilleurs efforts pour rechercher les bases communes d’un accord relatif à la mise en œuvre du projet que nous portons", précise-t-on chez Veolia.

Si à l'issue de cette période, aucun avis favorable n'est obtenu, Veolia soumettra "d'autres projets" à ses actionnaires, indique le CEO de Veolia. Une OPA hostile n'est pas exclue, mais "ce n'est pas l'esprit" de la proposition présentée ce mercredi, ajoute Antoine Frérot.

Le ministre français de l'Economie Bruno Le Maire souhaite une solution amicale entre les deux groupes français rivaux et un délai de réflexion "pour rapprocher les positions des uns et des autres".

Toujours pas de CEO

L'autre dossier chaud qui était censé être abordé par le conseil d'administration d'Engie de ce mercredi était celui de la désignation d'un successeur à Isabelle Kocher. Selon nos informations, la décision, pourtant promise à "fin septembre" par Jean-Pierre Clamadieu, le président de l'énergéticien, a été reléguée au second plan par les discussions autour de la reprise de Suez.

A l'heure actuelle, quatre candidats sont en lice : Gwenaelle Avice-Huet, directrice adjointe en charge de l'Amérique du Nord et des énergies renouvelables chez Engie, Catherine Guillouard, PDG de la RATP, Laurent Guillot, directeur général adjoint de Saint-Gobain et Catherine MacGregor, présidente de la direction énergie du pétrolier américano-français TechnipFMC.

Plusieurs sources nous indiquent que cela se jouera entre deux candidates: Gwenaelle Avice-Huet et Catherine MacGregor. La réponse dans quelques jours.

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