Des centrales flottantes pour éviter le black-out?

©rv

Engie est en discussion avec des fournisseurs de centrales énergétiques flottantes susceptibles d’être installées au large de la côte belge.

Pour faire face à la menace de black-out cet hiver, Engie Electrabel étudie la possibilité d’utiliser des centrales électriques flottantes qui pourraient être raccordées au réseau électrique dans nos ports. Ces centrales flottantes sont surtout utilisées comme solution de secours dans les pays en développement. C’est la première fois qu’elles seraient utilisées en Europe.

La société The Power Barge Company de Houston été contactée par Engie Electrabel pour savoir si ses centrales électriques au gaz ou au diesel pouvaient être utilisées pour combler le déficit d’électricité qui menace la Belgique cet hiver. Le groupe dispose de deux centrales, respectivement en République dominicaine et en Inde, mais a besoin de six mois pour les rendre opérationnelles.

"La seule condition, c’est de pouvoir amarrer les centrales flottantes dans des eaux calmes, à proximité d’un réseau de haute tension, et de pouvoir les connecter au réseau de gaz naturel."

Le leader turc du secteur, Karadeniz, peut en vingt jours transférer une centrale électrique flottante de la mer Méditerranée à la mer du Nord. Il aurait besoin de 40 jours pour faire venir une autre centrale d’Extrême-Orient, pour une capacité supplémentaire totale de 360 MW. Les mois suivants, l’entreprise pourrait porter la capacité à 900 MW.

"Nous sommes en discussion avec deux fournisseurs d’énergie et nous restons en contact avec le ministère belge de l’Energie", confirme John Cockin, vice-président de Karadeniz Europe. John Cockin parle d’installations possibles dans les ports d’Anvers, de Zeebruges et d’Ostende. "La seule condition, c’est de pouvoir amarrer les centrales flottantes dans des eaux calmes, à proximité d’un réseau de haute tension, et de pouvoir les connecter au réseau de gaz naturel."

Et les permis?

Chez Engie Electrabel, on confirme que cette piste est examinée, sans donner d’autres détails. "De toute façon, ces bateaux ne pourront pas être installés en Belgique en quelques semaines", explique Hellen Smeets, porte-parole du groupe. Le groupe énergétique cherche activement des solutions pour tenir sa promesse de fournir une capacité supplémentaire de 750 MW. Le cabinet de la ministre de l’Energie Marie Christine Marghem indique être en contact permanent avec différents fournisseurs d’énergie. "Nous sommes ouverts à toutes les solutions", nous a-t-on confirmé.

"Ces installations sont intéressantes parce qu’elles peuvent être revendues dès que la transition énergétique est terminée."

Le principal écueil est sans doute l’obtention des permis nécessaires à si brève échéance. Pour parer à toute éventualité, le Parlement flamand a approuvé un décret en urgence autorisant l’implantation temporaire d’installations au gaz et au mazout. En Wallonie, une série de sites ont été identifiés pour l’installation de générateurs diesel supplémentaires, et des contacts sont en cours avec l’administration "pour faciliter les choses, notamment en s’assurant que les dossiers soient complets et qu’on ne perde pas quinze jours à les compléter".

Les fabricants de ces bateaux voient leurs centrales flottantes comme la solution idéale pour assurer la difficile transition vers les énergies renouvelables. "L’opinion publique a moins tendance à s’opposer aux centrales flottantes parce qu’il s’agit d’une solution temporaire. À condition bien sûr que les autorités prennent les mesures qui s’imposent pour réduire au minimum la pollution sonore et environnementale", explique Anders Heine Jensen, CEO de l’entreprise danoise BWSC, le plus grand fabricant européen de bateaux-centrales. "Ces installations sont intéressantes parce qu’elles peuvent être revendues dès que la transition énergétique est terminée."

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content