Des scientifiques belges planchent sur notre avenir énergétique

Pieter Vingerhoets ©rv

Deux projets de recherche mobilisent une septantaine de scientifiques de tout le pays pour modéliser l’avenir énergétique de la Belgique. Inhabituel, dans notre structure institutionnelle.

Une centaine de scientifiques étaient présents, ce lundi, à l’Académie royale flamande de Belgique, pour le lancement des projets de recherche Epoc et Bregilab. Ces deux projets sont financés par le fonds de transition énergétique fédéral, alimenté par la taxe nucléaire sur Doel 1 et 2. Epoc va recevoir 4,8 millions d’euros, et Bregilab 4 millions.

L’objectif d’Epoc? Développer des modèles énergétiques pour déterminer le moyen le plus rentable de réduire les émissions de gaz à effet de serre et de garantir la sécurité d’approvisionnement en énergie tout en maîtrisant la facture, à l’horizon 2030-2050. Une recherche qui ne portera pas seulement sur l’électricité, mais aussi sur le chauffage, le transport ou l’industrie.

"Les débats politiques se concentrent souvent sur la question de savoir s’il faut sortir du nucléaire ou non. Mais le système électrique représente 20% seulement des émissions de CO2. Le challenge est donc beaucoup plus large. La Commission européenne vise 80 à 100% de décarbonisation en 2050. Nous voulons déterminer ce que cela signifie pour la Belgique et réaliser des calculs scientifiques pour voir comment nous irons au travail ou comment nous chaufferons nos maisons en 2050", explique Pieter Vingerhoets, expert chez Energyville, qui coordonne le projet.

"C’est une première qu’autant d’acteurs, venus de toutes les entités du pays, joignent leurs forces."
Pieter Vingerhoets
expert chez EnergyVille

Epoc rassemble plus de 50 scientifiques venu de 14 institutions différentes aux quatre coins du pays. "C’est une première dans l’histoire qu’autant d’acteurs, venus de toutes les entités du pays, joignent leurs forces pour des recherches sur le système énergétique. D’habitude, les financements sont régionaux", souligne Pieter Vingerhoets. Parmi ces partenaires, on trouve, côté fédéral, le Bureau du plan ou l’IRM; côté francophone, l’UCLouvain, l’ULiège ou l’ULB, et côté flamand la KULeuven, le Vito ou UHasselt.

Bregilab, lui, se penchera sur le système électrique, pour examiner comment augmenter la partie des énergies renouvelables et l’intégrer de manière optimale au réseau, en tenant compte notamment du lieu d’implantation des éoliennes ou du photovoltaïque. Il travaillera aussi sur le rôle des batteries. Un projet qui réunit EnergyVille, ses quatre partenaires et l’IRM, et qui va mobiliser une vingtaine de scientifiques.

Les deux projets devraient aboutir à des conclusions définitives en 2023. "Nous publierons peut-être des résultats intermédiaires, afin de soutenir par des chiffres et des faits les décisions politiques, et nous aurons régulièrement des contacts avec les autorités publiques et l’industrie. Mais n’attendez pas de nous des résultats avant les prochaines élections!" avertit Pieter Vingerhoets.

"Nous ne sommes pas un think tank, renchérit Yves Marenne, de l’Icedd, qui participe à Epoc. Notre ambition est de rassembler toute la communauté scientifique pour faire progresser la connaissance."

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