Des subsides divisés par deux pour les prochains parcs en mer

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Après des discussions difficiles entre cabinets, les libéraux proposent de négocier avec les propriétaires des trois derniers parcs éoliens en mer sur la base d’une fourchette très stricte.

Les tableurs Excel ont beaucoup tourné, ces dernières semaines, dans les cabinets des ministres fédéraux et à la Creg. Objectif: déterminer le niveau de soutien adéquat pour les trois derniers projets de parcs éoliens qui doivent se construire au large des côtes belges.

Une étude du régulateur fédéral, bouclée en décembre, recommande un soutien compris entre 62,14 et 80,45 euros par MWh, prix de l’électricité inclus, avec une préférence très claire et argumentée pour le bas de la fourchette. Les propriétaires des concessions, forts d’une étude commandée à PwC et remise au gouvernement le mois dernier, défendent eux le chiffre de 105 euros par MWh. Après analyse, certains partis de la coalition se montraient prêts à aller jusqu’à 85 euros par MWh, pour éviter que les propriétaires des concessions ne renoncent. Une capitulation qui mettrait à mal la capacité de la Belgique à atteindre ses objectifs européens en 2020 et l’ancrage belge des projets, portés par des entreprises comme Colruyt, TTR, Engie Electrabel ou Deme. Mais les libéraux ont fait pression pour revoir ce chiffre à la baisse.

Une fourchette stricte

2,5 à 3 milliards €
Le niveau de soutien proposé représente une économie de 2,5 à 3 milliards d’euros par rapport au soutien accordé à Rentel et Norther.

La proposition qui va être soumise au kern dans les tout prochains jours propose de donner mandat à la ministre de l’Energie pour négocier avec les propriétaires des concessions sur la base d’un montant nettement plus bas. Une fourchette comprise entre 66 et 76 euros par MWh, toujours prix de l’électricité inclus, est évoquée, a appris L’Echo. "Cela représenterait une économie de 2,5 à 3 milliards d’euros par rapport au niveau de soutien accordé à Rentel et Norther", commentent la ministre de l’Energie Marie-Christine Marghem (MR) et le secrétaire d’Etat à la mer du Nord Philippe De Backer (Open Vld).

Ce dernier avait annoncé en avril qu’il voulait retirer la prise aux derniers projets de parcs éoliens en mer, en retirant les concessions attribuées à Northwester 2, Seastar et Mermaid, et en réattribuant les zones via un appel d’offres européen pour faire jouer la concurrence. Il est aujourd’hui prêt à laisser jouer la négociation. "Ce que j’ai toujours dit, c’est qu’il fallait en finir avec la sursubsidiation, réagit Philippe De Backer. Si l’on peut négocier avec les acteurs du secteur dans un délai rapide un soutien en ligne avec celui des pays voisins, c’est-à-dire inférieur à 75 euros par MWh, très bien. Sinon, on retirera les concessions."

Le soutien évoqué voudrait dire que l’on divise par deux, au moins, les subsides aux trois parcs concernés: ils recevraient, au total, un soutien estimé entre 2,2 à 2,7 milliards d’euros, au lieu de 5,2 milliards si on leur appliquait les conditions accordées à Rentel et Norther. "Nous essayons, via une négociation correcte et honnête, de faire baisser de manière significative le soutien à ces trois derniers parcs, étant donné les niveaux de soutien très bas accordés aux Pays-Bas, en Allemagne ou au Danemark, rappelle Marie-Christine Marghem. Mais on parle chez nos voisins de parcs qui seront construits plus tard, avec des technologies qui vont encore évoluer. Nous voulons que nos parcs soient opérationnels pour 2020."

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