Deux Belges en lice pour diriger Engie

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Engie se sépare de sa CEO, Isabelle Kocher, en poste depuis 2016. Qui pour lui succéder? Quatre candidates se détachent, dont deux Belges.

La séparation entre l'énergéticien français et sa directrice générale actuelle, Isabelle Kocher, a été actée ce jeudi par le conseil d'administration d'Engie , a-t-on appris auprès de deux sources proches du dossier. Engie ne va donc pas renouveler le mandat de la CEO et se met à présent en quête d'un remplaçant. Une direction générale à trois têtes sera mise en place à titre intérimaire, dans l'attente de la nomination, probablement en mai, d'un nouveau dirigeant pour le géant de l'énergie. 

Le pilotage opérationnel sera ainsi confié conjointement à Paulo Almirante, actuel directeur général des opérations, à la directrice financière Judith Hartmann et à Claire Waysand, secrétaire générale. Cette dernière assumant le mandat de directrice générale par intérim. 

Qui pour lui succéder ?

Isabelle Kocher s'en va. C'était la seule femme dirigeante du CAC 40. Tout un symbole qui pourrait peser lourd sur la décision de son (sa) successeur(e), dans un secteur majoritairement fait d'hommes. Un profil type se détache d'ailleurs déjà: "il faut quelqu'un de loyal, avec de fortes compétences opérationnelles et une grande expérience dans la transformation de sociétés. De préférence une femme.", nous confie une source bien informée.

Quatre candidates semblent d'emblée se détacher, dont deux belges. Dominique Leroy, d'abord, à peine refusée à la tête de l'opérateur télécom néerlandais KPN, fait office de candidate idéale. "Son accent opérationnel correspond au profil, pourquoi pas?", nous avoue-t-on au sujet de l'ancienne CEO de Proximus. Sophie Dutordoir, ensuite, bénéficie de l'expérience nécessaire de la vie au sein du groupe, du fait de ses années passées à la tête d'Electrabel. "Elle serait la candidate idéale", nous dit-on encore.

Deux françaises, enfin, se détachent du peloton, apprend-t-on à bonne source. L'actuelle patronne de la RATP Catherine Guillouard, qui siégeait d'ailleurs au conseil d'Engie jusqu'à l'an dernier, et Sandra Lagumina, l'ancienne directrice générale adjointe d'Engie "très appréciée des équipes" et renvoyée par Isabelle Kocher.

Les raisons de son éviction

©jonas lampens

Ingénieure de formation, Isabelle Kocher était arrivée dans le groupe Suez en 2002 pour prendre, 5 ans plus tard, la tête de la Lyonnaise des eaux. En 2011, elle grimpe encore dans l'organigramme de l'énergéticien (devenu entre-temps GDF Suez) et devient la directrice financière de l'ensemble. Isabelle Kocher a ensuite été nommée numéro 2 du groupe. Dans la foulée, l'entreprise change à nouveau de nom pour devenir Engie et, le 3 mai 2016, Isabelle Kocher est désignée, à 50 ans, directrice générale du numéro 3 mondial de l'énergie.  

Les raisons du limogeage de la CEO d'Engie sont multiples. Il y a avant tout les divergences d'opinion avec son conseil d'administration, et en particulier avec son président Jean-Pierre Clamadieu. Parmi les griefs retenus par les membres du conseil d'administration du groupe, il ressort aussi que la composition de l'équipe de direction d'Isabelle Kocher ne serait "pas assez opérationnelle", et que sa stratégie se traduirait par un manque de synergies au sein du groupe, une sous-valorisation en bourse et une stagnation du cours d'Engie  depuis l'entrée en fonction de la CEO, il y a bientôt quatre ans.

Par ailleurs, la diversification excessive des métiers exercés par Engie serait, elle aussi, remise en question par certains membres du conseil d'administration. La stratégie conduite par Isabelle Kocher mène, en effet, l'énergéticien à conserver une présence marquée sur les fronts des énergies renouvelables, des infrastructures, des services ou encore de l'énergie nucléaire en Belgique par l'intermédiaire d'Electrabel, ce que d'aucuns estiment contraire au courant actuel de l'industrie.

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