Deux tiers des activités de services d'Engie sur la sellette

À moyen terme, Engie pourrait plus que doubler son programme de cessions, estimé précédemment à 4 milliards d'euros, explique Jean-Pierre Clamadieu, président d'Engie. ©REUTERS

La crise sanitaire a fortement impacté les résultats semestriels d'Engie: le résultat net recule de 50% par rapport à 2019. Le groupe français enclenche un "recentrage stratégique". Les services sont particulièrement visés.

C'est une période difficile qui se clôture pour l'énergéticien français Engie. À l'occasion de la présentation de ses résultats semestriels, le groupe a relevé l'impact important de la crise du Covid-19 et des températures anormalement élevées en Europe sur ses résultats. "Nous avons le sentiment que le deuxième trimestre a été le point le plus bas de notre activité économique", a d'ailleurs déclaré Claire Waysand, la CEO par intérim du groupe.

Conséquence directe de la crise, ou non – le groupe affirme étudier un recentrage stratégique depuis plus d'un an – Engie annonce aujourd'hui enclencher une "mise sous revue stratégique" d'environ deux tiers de son secteur de services ("solutions clients"). Notons que ce secteur reprend les services plus ou moins éloignés de l'énergie comme la gestion de sites (hôpitaux, entreprise, etc.), les "villes intelligentes" ou encore les services d'économie d'énergie, d'installation électrique ou de climatisation.

"À moyen terme, l’ensemble de ces opérations pourrait conduire à plus que doubler le programme de cessions d’environ 4 milliards d’euros."
Jean-Pierre Clamadieu
Président d'Engie

L'objectif de ce passage au crible est, à terme, d'identifier les activités qui pourraient être cédées. Ces cessions seraient alors vouées à financer le programme d'investissement de l'énergéticien dans les infrastructures et le développement des énergies renouvelables. "À moyen terme, l’ensemble de ces opérations pourrait conduire à plus que doubler le programme de cessions d’environ 4 milliards d’euros", a expliqué Jean-Pierre Clamadieu, le président.

Lourd impact du coronavirus

850
millions d'euros
L'impact négatif de la crise sanitaire sur le résultat opérationnel courant d'Engie.

Si les activités de services sont à ce point sous le feu des projecteurs, c'est parce que ce sont elles qui ont le plus souffert de la crise. Et de loin. En effet, sur les 850 millions d'euros d'impact négatif de la crise sanitaire sur les résultats semestriels, le groupe en attribue près de la moitié aux "solutions clients". La fourniture d'énergie, deuxième activité la plus impactée, a accusé un recul de près de 250 millions d'euros.

Au total, Engie affiche ainsi un chiffre d'affaires de 27,4 milliards d'euros au premier semestre, soit 9,3% de moins qu'en 2019. Ici, en plus des effets néfastes de la crise et du confinement, Engie insiste sur les températures anormalement élevées en Europe, résultant en une contraction de la demande, ainsi qu'un effet de change négatif.

Le résultat net récurrent du groupe chute, lui aussi, lourdement, à 0,7 milliard, contre 1,5 milliard l'an dernier.

Cap sur 2021

"Nous anticipons un rebond au second trimestre. Les niveaux de consommation d'énergie sont pratiquement revenus à la normale."
Claire Waysand
CEO par intérim d'Engie

Engie ne compte pas tourner la page 2020 pour autant. Déjà, rappelons que le groupe s'est fixé septembre 2020 comme échéance pour désigner un nouveau CEO.

Ensuite, parce que l'optimisme reste de mise. "Nous anticipons un rebond au second trimestre", a tenu à avancer Claire Waysand. L'énergéticien français a d'ailleurs fait ses pronostics pour la fin de l'année et table sur un résultat net annuel compris entre 1,7 et 1,9 milliard d'euros.

Plus encore, l'entreprise prévoit d'investir entre 7,5 et 8 milliards d'euros d'ici à la fin de l'année, misant particulièrement sur la croissance (4 milliards), tout en allouant 1,3 milliard aux provisions nucléaires. De plus, le dividende sera rétabli.

Objectif: un portefeuille d'activités allégé et une stratégie plus focalisée sur les métiers de l'énergie et de la transition énergétique.

Malgré les épreuves, Engie s'efforce donc de ne pas broyer du noir. Pour l'avenir, la priorité sera donnée au développement des énergies renouvelables et des infrastructures, tandis que les services seront scrupuleusement passés au crible. Objectif: un portefeuille d'activités allégé et une stratégie plus focalisée sur les métiers de l'énergie et de la transition énergétique.

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