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Doel 4 et Tihange 3, seules options valides dans le cas d'une prolongation du nucléaire?

Les microfissures - ou microbulles - de la cuve de Doel 3 et Tihange 2 compromettent fortement une potentielle prolongation. ©REUTERS

Les nouvelles normes de sécurité Wenra, désormais en vigueur, imposent aux réacteurs nucléaires du pays de pouvoir résister à la chute d'un avion commercial ou militaire. Conséquence, seuls Doel 4 et Tihange 3, les plus récents réacteurs, font désormais office de candidats réalistes à une éventuelle prolongation.

Et si un avion s'écrasait sur une centrale nucléaire? Ce scénario catastrophe, digne d'un mauvais film de Michael Bay ou Roland Emmerich, fait pourtant bien partie des éventualités auxquelles doivent se préparer les opérateurs des réacteurs du pays.

Parmi les normes imposées par l'Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN), une partie est édictée directement en réaction à l'accident tristement célèbre survenu à Fukushima le 11 mars 2011. Une révision de ces normes, s'appuyant sur la transposition en droit belge des recommandations de l'Association des autorités de sûreté nucléaire des pays d’Europe de l’Ouest (Wenra), vient tout juste d'entrer en vigueur en Belgique et l'exploitant des centrales devra s'y conformer d'ici à la prochaine révision décennale.

Problème, ces nouvelles règles "Wenra" exigent des réacteurs qu'ils puissent résister à la "chute d’un avion de ligne commercial et celle d’un avion militaire représentatifs". Auparavant, les règles n'étaient pas aussi spécifiques quant à la nature de l'aéronef.

Impact sur la prolongation des unités 

En Belgique, les quatre réacteurs plus récents, à savoir Doel 3 et 4 et Tihange 2 et 3 sont, d'après l'AFCN, en mesure de résister à une telle catastrophe. Pour les plus anciens, Doel 1 et 2 et Tihange 1, il a uniquement été démontré qu'ils pouvaient faire face à la chute d'un avion léger. Par conséquent, pour pouvoir se conformer aux normes dans les temps, d'importants investissements seront probablement nécessaires. Ici, c'est l'AFCN qui tranchera. "Nous attendons les analyses de l'exploitant quant aux mesures de sécurité existantes en cas de chute d'avion. Ce que nous pouvons dire, c'est que les réacteurs devront être conformes à la prochaine révision décennale", nous explique le régulateur.

"Nous attendons les analyses de l'exploitant quant aux mesures de sécurité existantes en cas de chute d'avion. Ce que nous pouvons dire, c'est que les réacteurs devront être conformes à la prochaine révision décennale."
Lut Vande Velde
Porte-parole de l'AFCN

Naturellement, l'imposition de ces normes soulève une autre question: celle des réacteurs candidats à une éventuelle prolongation. En effet, même si la date de sortie du nucléaire est prévue à 2025 en Belgique, le spectre d'une prolongation de l'atome plane toujours au-dessus du gouvernement et l'adjonction de ces nouvelles normes de sécurité éliminerait de facto les unités plus anciennes, déjà prolongées par le passé, pour cause de modifications trop importantes et coûteuses à y apporter.

Et puis, il y a le problème des microfissures – ou "microbulles" – des cuves des réacteurs de Doel 3 et Tihange 2 qui compromet, là aussi, une éventuelle prolongation. Seuls restent donc Doel 4 et Tihange 3 si la Belgique venait à faire le choix de continuer à s'alimenter par l'atome.

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