EDF entend bien prendre des parts de marché à GDF Suez en Belgique

Pour Marc Boudier, le directeur Europe d’EDF, SPE était une société mal gérée.

EDF a racheté les parts de Centrica dans SPE il y a plus d’un an. Depuis, le plan stratégique se fait attendre. Où en êtes-vous ?

Marc Boudier: Suite au rachat des parts de Centrica, la priorité était de stabiliser l’actionnariat de SPE. Finalement, peu d’actionnaires belges ont cherché à en sortir. Par la suite, 12 groupes de travail ont travaillé sur plusieurs chantiers, comme le trading ou le développement de la production. Le but était d’identifier des pistes à améliorer pour créer des synergies. Par exemple comment optimiser l’approvisionnement gazier et bénéficier de l’effet d’échelle qu’apporte le groupe EDF? L’objectif est clair: donner une nouvelle dimension à SPE et au groupe EDF en Belgique et, finalement, être plus compétitif.

Quelle position visez-vous ?

Nos objectifs sont d’avoir une part de marché de 20% à l’horizon 2015.

Vous soulignez l’importance de devenir plus compétitif. Ce n’est pas le cas ?

Nous avons une position de challenger face à Electrabel. Nous ne sommes pas un opérateur négligeable face à d’autres acteurs plus récents, mais toute une série d’améliorations doivent pouvoir être apportées .

A combien chiffrez-vous les synergies ?

Les études sont encore en cours, mais les économies peuvent se chiffrer en dizaines de millions d’euros.

Du côté de la rentabilité, êtes-vous satisfait des 60 millions dégagés sur un chiffre d’affaires de 2,5 milliards d’euros ?

Nous pouvons faire beaucoup mieux. Nous devons reconnaître que SPE n’est pas parmi les sociétés les plus rentables du groupe à l’ international. Il y avait manifestement un cloisonnement excessif dans SPE. C’est le fruit d’un actionnariat qui a beaucoup évolué ces dernières années et qui n’a pas permis des investissements sur la durée. Aujourd’hui, nous pensons pouvoir dégager des rentabilités satisfaisantes.

Qu’entendez-vous par "satisfaisantes" ?

Nous entrons dans une phase de discussions sur les budgets, mais doubler à terme la rentabilité serait pour nous un bon résultat.Il faut cependant tenir compte des investissements qu’impose l’industrie de l’énergie et qui ne permettent pas d’augmenter immédiatement la rentabilité, voire la dégradent dans un premier temps. L’objectif est de construire un projet industriel à 5-10 ans.

Vous visez 20% de parts de marché. C’est un plafond ?

C’est un ordre de grandeur et il est vrai que GDF Suez est implanté en Belgique depuis longtemps. Mais GDF Suez est plus aujourd’hui dans une phase de décélération de ses investissements dans ce pays, alors que nous allons investir.

Le marché belge vous plaît-il ?

C ’est un marché très intéressant et il constitue un vrai challenge pour SPE. Il présente aussi des opportunités telles que les énergies renouvelables. C’est d’ailleurs l’un des axes de développement de notre projet industriel. SPE est déjà un acteur majeur dans le domaine de l’éolien en Belgique et nous avons l’intention d’accélérer ce mouvement. En outre, nous avons expérimenté la possibilité de gagner des parts de marché, tant sur le gaz que l’électricité au travers d’offres d’efficacité énergétique.

Le consommateur doit-il s’attendre à une baisse des prix ?

Le prix de l’énergie n’est qu’une petite partie de la facture finale payée par le consommateur. Pour autant, les attentes de ce dernier ne se réduisent pas exclusivement à la question du prix. Nous devons aussi proposer à nos clients des offres leur permettant de mieux consommer leur énergie.

Pensez-vous que la concurrence entre GDF Suez et EDF va être acharnée en Belgique, un peu à l’image de ce qui se passe en France?

En Belgique, notre principal concurrent est GDF Suez. Il ne faut pas le cacher. C’est l’acteur historique et dominant à qui nous comptons bien prendre des parts de marché.

L’incertitude politique du pays pèse-t-elle?

Les investissements sur le marché énergétique nécessitent une certaine visibilité et un cadre régulatoire stable. C’est pourquoi nous attendons des décisions gouvernementales.

Vous visez le nucléaire ?

Nous demeurons dans l’incertitude sur le dispositif précis qu’arrêtera le gouvernement sur le sujet.

A un moment, SPE a émis l’idée de construire un huitième réacteur en Belgique. Reprenez-vous cette idée ?

En Belgique, on n’est pas entièrement sorti du débat sur la prolongation de la durée de vie des centrales. Nous ne militerons donc pas à court terme pour un huitième réacteur. Mais nous étudierions bien évidemment un tel projet s’il était envisagé.

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