EDF Luminus va investir 700 millions dans l'éolien

Grégoire Dallemagne, CEO d'EDF Luminus depuis septembre 2011 ©Frederic Pauwels

Le CEO d’EDF Luminus a présenté ce jeudi aux 2.000 membres de son personnel son nouveau plan stratégique. Les mots d’ordre? Énergies renouvelables et économies d’énergie.

"Nous ne pouvons pas faire autrement, souligne Grégoire Dallemagne. 19 degrés un 6 novembre, les feux en Californie qui entraînent le déplacement de centaines de milliers de personnes, le Rhin à sec qui bloque toute la chaîne logistique, c’est du jamais vu… Le réchauffement climatique est en train de se transformer en crise humanitaire. Nous sommes la première génération à voir les effets de ce changement climatique, et la dernière à pouvoir changer la donne. Il faut modifier ses habitudes, individuellement et collectivement."

Lui-même se rend au boulot à vélo. "Et en tant qu’entreprise, EDF Luminus est parfaitement placée pour contribuer à la solution." Elle aussi montre l’exemple: le Marquis, à Bruxelles, où est installé son siège, est une passoire énergétique, selon Grégoire Dallemagne, et faute d’avoir pu convaincre son propriétaire d’y remédier, l’entreprise a décidé de déménager. Elle a pour objectif d’arriver à un parc automobile 100% électrique d’ici 2022. Et durant la semaine de la mobilité, elle a fermé entièrement son parking.

"Nous sommes la première génération à voir les effets du changement climatique, et la dernière à pouvoir changer la donne."
Grégoire Dallemagne
CEO D’EDF Luminus

Côté business, EDF Luminus, premier acteur du pays dans la production d’électricité et la fourniture d’énergie, veut développer fortement l’éolien. "Nous sommes devenus numéro un en éolien onshore. Ces cinq dernières années, nous avons triplé notre parc, pour arriver à 174 éoliennes et 408 mégawatts. Nous voulons encore quasiment doubler dans les cinq prochaines années, ce qui signifie une vraie accélération", souligne Grégoire Dallemagne. Un objectif atteignable grâce aux nombreux projets qui sont dans le pipeline, pour autant que les conditions régulatoires restent stables, précise-t-il. "C’est normal que les améliorations de coûts des technologies se reflètent dans le niveau de soutien accordé. Mais vu les difficultés en matière de permis, les temps de développement sont très longs, et nous sommes à la limite au niveau économique."

EDF Luminus va aussi, sur la période 2018-2022, continuer à investir dans l’hydroélectricité ou les grandes installations solaires sur le toit de ses clients industriels. "Mais avant tout, nous voulons nous focaliser sur la réduction de leur consommation énergétique. La meilleure énergie est celle qu’on ne consomme pas. Ce n’est qu’après que nous regardons comment optimiser la demande résiduelle."

Au total, EDF Luminus compte investir en cinq ans 700 millions d’euros en Belgique dans les renouvelables et l’efficacité énergétique. Sur la période 2013-2017, il y avait consacré 600 millions environ.

Cette démarche, EDF Luminus voudrait la développer aussi auprès des particuliers. "Le marché retail est très difficile, avec beaucoup de concurrence, le taux de switches le plus élevé d’Europe et des prix de gros très volatils, note le CEO. Dans ce contexte, nous avons pu garder nos parts de marché, qui sont d’une vingtaine de pour-cent, et même renouer avec la croissance. Mais notre ambition est d’aller de plus en plus vers des solutions sur mesure, grâce à la digitalisation." En clair, il s’agit de parler d’isolation aux clients pour qui c’est pertinent, de panneaux solaires à ceux qui en ont, grâce à une vue à 360 degrés sur le client.

1.000 recrutements

Mais la croissance du portefeuille de clients n’est manifestement pas la priorité pour l’entreprise. Elle a ainsi arrêté les nouveaux contrats sur le marché bruxellois, jugé trop difficile. Et interrogé sur les acquisitions possibles, le CEO pointe des régions ou des métiers liés aux services énergétiques dans lesquels l’entreprise peut se renforcer, plutôt que de songer fournisseurs d’énergie.

EDF Luminus table aussi sur une croissance organique. L’entreprise, qui emploie aujourd’hui 2.000 personnes, table sur 1.000 recrutements dans les cinq ans. "En net, nous devrions arriver à un peu moins de 2.500 employés", chiffre Grégoire Dallemagne.

Sur les déboires des centrales nucléaires opérées par Electrabel, Grégoire Dallemagne s’abstient de tout commentaire, même si son entreprise a une participation minoritaire dans quatre réacteurs. "Quand il s’est avéré que la production allait être moins importante que prévu, nous avons dû couvrir la consommation de nos clients en allant chercher cette énergie sur le marché. Cela a un coût, et il est clair que cela va impacter nos résultats cette année. Mais nous faisons tout ce qui est possible pour assurer une rentabilité qui nous permette d’investir de manière durable tout en apportant un bon rendement à notre actionnaire." Un actionnaire qui est pour près de 69% le groupe EDF, et pour le solde quatre sociétés belges liées aux communes.

Ah, au fait, ne dites plus EDF Luminus. Neuf ans après son rachat par le groupe français, l’entreprise a décidé de se rebaptiser Luminus tout court. "C’est une marque forte, qui bénéficie d’une très bonne reconnaissance", souligne Grégoire Dallemagne. L’appartenance au groupe EDF ne disparaît toutefois pas du logo: la turbine orange d’EDF accompagnera le nom de Luminus.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect

Messages sponsorisés

n