Electrabel se prépare pour relancer ses réacteurs fissurés

Electrabel investit pour chauffer l’eau de refroidissement à 40°C.

Electrabel est en train d’investir pour amener à plus de 40°C l’eau de refroidissement des réservoirs de sécurité de ses réacteurs nucléaires fissurés, selon nos informations. "Il s’agit d’un investissement limité, de l’ordre de quelques millions d’euros, qui permet de diminuer le choc thermique en cas de refroidissement d’urgence", explique un responsable du groupe GDF Suez.

En 2012, après la découverte de microfissures dans la cuve de ces deux réacteurs, Electrabel avait décidé de préchauffer l’eau des réservoirs de sécurité à Doel 3, utilisés pour arrêter le réacteur en cas d’urgence.

Car les défauts découverts dans l’acier des cuves sont susceptibles d’entraîner une fragilisation, particulièrement en cas de choc thermique. "C’est comme un verre qui éclate quand on y verse de l’eau trop chaude, mais en sens inverse", expliquait Jan Bens, le patron de l’AFNC, l’autorité de sûreté nucléaire, dans une interview à "L’Echo" fin août.

Pour diminuer ce risque, Electrabel avait donc déjà installé à Doel un système permettant de chauffer l’eau de ces réservoirs à 30°C. Mais il vise désormais une eau à plus de 40°C. Sans attendre le feu vert de l’AFCN sur un éventuel redémarrage, Electrabel a donc décidé de nouveaux investissements pour diminuer le risque de choc thermique. Le signe qu’il croit en la relance de ces réacteurs. Un moyen, aussi, de gagner du temps en cas de feu vert de l’AFCN. "Nous avons fait le nécessaire pour que l’eau à Doel soit préchauffée à plus de 40 degrés, confirme Anne-Sophie Hugé, porte-parole d’Electrabel. Ce système est opérationnel, même si la centrale est à l’arrêt." Concernant Tihange 2, par contre, Electrabel nuance. "C’est une option qui fait l’objet d’une analyse, qui est toujours en cours pour le moment." La disposition des fissures rendrait en effet cette solution moins pertinente.

Reste à voir quelle sera la position de l’Agence fédérale de contrôle nucléaire face à cette solution. Interrogé sur cette piste en août dernier, son patron s’était montré plus que prudent, soulignant qu’on avait déjà augmenté la température de l’eau de refroidissement à Doel. "Nous sommes en train de manger les marges de sécurité, avait-il répondu. A un moment donné, on ne peut plus aller plus loin."

 

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