Electrabel veut la clarté sur le nucléaire

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À l’occasion de ses vœux de début d’année, le CEO d’Electrabel Philippe Van Troeye a rappelé l’urgence de clarifier la situation de la prolongation (ou non) des centrales nucléaires belges.

Pour l’énergéticien Engie Electrabel, le temps presse afin de clarifier l’avenir des centrales nucléaires belges. Si un nouveau gouvernement envisage de garder une partie des centrales nucléaires ouverte plus longtemps, cela doit être su cette année. Tel était le message de Philippe Van Troeye, le CEO d’Engie Electrabel, ce lundi en marge d’un discours de nouvel an adressé à la presse.

Pour rappel, la loi prévoit que les sept réacteurs nucléaires de Doel et Tihange fermeront entre 2022 et 2025. Engie, de son côté, aimerait maintenir deux ou trois centrales électriques ouvertes plus longtemps, mais, pour ce faire, l’entreprise a besoin de l’autorisation du prochain gouvernement fédéral. "Si le gouvernement décide de demander une prolongation l’année prochaine, ce sera beaucoup plus difficile, a déclaré le patron. Non seulement techniquement et en termes de permis. Nous devons également pouvoir garder les bonnes personnes à bord."

Urgence pour le gaz aussi

Avec le soutien gouvernemental nécessaire, Engie sera également candidat à la construction de nouvelles centrales au gaz, amenées à palier au manque causé par la fermeture des réacteurs nucléaires. La ministre fédérale de l’Énergie, Marie Christine Marghem (MR), travaille d’ailleurs sur un mécanisme de soutien à ces centrales: le CRM. Ce système est actuellement dans l’attente de l’approbation de la Commission européenne.

"Les quelques investisseurs qui ont investi dans de nouvelles centrales européennes ces dernières années ont perdu des milliards."
Philippe Van Troeye

Mais, là aussi, le temps presse. "Si vous souhaitez que de nouvelles centrales au gaz soient construites à temps, une vente aux enchères devrait avoir lieu au début de l’année prochaine", alarme Philippe Van Troeye. "Sans soutien, personne aujourd’hui n’ose se lancer dans un tel investissement. Les quelques investisseurs qui ont investi dans de nouvelles centrales européennes ces dernières années ont perdu des milliards", a-t-il ajouté.

Johnny Thijs, le président du conseil d’administration d’Electrabel, avait d’ailleurs déclaré dans une interview donnée à Trends que si de nouvelles centrales à gaz venaient à être construites en Belgique, Electrabel serait disposé à se charger de la moitié d’entre elles.

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