Elia pourrait activer sa réserve stratégique la semaine prochaine

©© Julie Habel/CORBIS

La vague de froid annoncée la semaine prochaine va mettre le réseau électrique à rude épreuve. L’activation de la réserve stratégique n’est pas exclue, annonce Elia.

Météo France annonce une vague de froid sur la France la semaine prochaine, avec des températures minimales qui devraient s’échelonner entre -5 et -10 degrés Celsius, et même moins dans certaines régions. Et sur la plus grande partie de l’Hexagone, il n’y aura pas de dégel en journée. Résultat: des pics de consommation électrique qui vont s’approcher du record historique de 102,1 GW enregistré le 8 février 2012, lors de la précédente vague de froid significative. Des mesures exceptionnelles pourraient être prises pour assurer l’approvisionnement du pays en électricité.

1 à 1,4 GW
La Belgique va devoir importer 1 à 1,4 GW d’électricité pour couvrir ses pointes de consommation.

En Belgique aussi, la situation s’annonce tendue. "La semaine prochaine, nous prévoyons des pointes de consommation de plus de 13 GW. Elles pourraient même se situer entre 13,6 et 13,8 GW jeudi et vendredi. Il n’est pas exclu que la réserve stratégique doive être activée", déclare Kathleen Iweins, porte-parole du gestionnaire de réseau.

Selon les dernières estimations, la Belgique va devoir importer 1 à 1,4 GW d’électricité pour couvrir ses pointes de consommation. Si elle ne les trouve pas, elle devra activer la réserve stratégique, composée des centrales de Seraing et de Vilvorde. Le cabinet de la ministre de l’Énergie Marie-Christine Marghem dit suivre la situation de très près. "Il y a eu une réunion ce vendredi avec Elia , et d’autres seront organisées la semaine prochaine si nécessaire."

Pas encore de pénurie

"Pour autant, il n’est pas encore question de situation de pénurie d’électricité, ajoute Kathleen Iweins. Même une fois la réserve activée, nous disposerons encore de plusieurs moyens pour assurer l’approvisionnement du pays, comme des échanges de capacité avec les pays voisins."

"Pour autant, il n’est pas encore question de situation de pénurie."
Kathleen iweins
porte-parole d’Elia

Ces possibilités d’échange vont toutefois être fortement limitées par la situation dans le reste de l’Europe, et particulièrement en France. Le gestionnaire de réseau français estimait jeudi qu’il n’aurait que 85 GW de moyens de production disponibles pour couvrir cette demande. Depuis, l’Autorité de sûreté nucléaire française a accepté de reporter l’arrêt d’un réacteur qui était programmé la semaine prochaine pour des contrôles. Mais il reste encore cinq réacteurs français à l’arrêt, et même en important tous les gigawatts disponibles, la France risque de ne pas parvenir à satisfaire complètement ses besoins.

Des mesures exceptionnelles

La ministre française de l’Énergie, Ségolène Royal, a réuni les opérateurs de marché vendredi pour faire le point sur la situation. Les fournisseurs devraient envoyer des messages à leurs clients pour les inciter à économiser l’électricité lors des pointes de consommation du matin et du soir.

©Mediafin/Elia

RTE, le gestionnaire du réseau français, a prévu d’autres mesures exceptionnelles. Des mesures qu’il pourrait mettre en application à partir de mardi prochain, précise-t-il. D’abord, l’interruption de la consommation de 21 gros consommateurs industriels, en échange d’une rémunération. Ensuite, la baisse de la tension sur le réseau de 5% pour réduire la consommation sans interrompre l’alimentation électrique. Et en dernier ressort, des délestages tournants et programmés de deux heures maximum. Ces coupures de courant ne sont toutefois pas envisagées pour le moment, ajoute un porte-parole de RTE.

Un impact sur les prix

"Il y a pas mal de tensions sur le marché depuis le début de l’automne, observe Bruno Vanderschueren, un des deux fondateurs de Lampiris, qui continue à suivre de près la situation. Il faut voir comment va évoluer la météo, mais je ne pense pas qu’on va connaître un black-out très bientôt. Par contre les prix spot, qui sont déjà fort élevés, pourraient augmenter. Les prix de déséquilibre vont également être fort élevées, ce qui va impacter certains fournisseurs. Et si l’on doit activer la réserve stratégique, cela va coûter cher aux acteurs de marché qui n’ont pas suffisamment d’électricité pour couvrir leurs besoins."

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