"En 2016, on devrait pouvoir atteindre les 200.000 clients"

Le groupe néerlandais d'électricité verte, déjà fournisseur de l'industrie et des PME belges, fournira les particuliers à partir du 8 août prochain. Interview de Christophe Degrez, patron d’Eneco Belgique.

A partir de ce lundi, les clients résidentiels belges pourront choisir un nouvel opérateur énergétique: Eneco, un producteur et fournisseur d’énergie verte. Cette entreprise néerlandaise, numéro un sur son marché national, est déjà présente auprès des industriels et des PME. Elle propose aux particuliers des prix "jusqu’à 20%" moins cher que les concurrents.

Le point avec Christophe Degrez, le patron d’Eneco Belgique.

Quels sont vos arguments pour entrer sur le marché belge?

Le premier, c’est l’authenticité d’une énergie à 100% verte. Notre ambition est de fournir uniquement de la production renouvelable. Chez nous, le client ne sera pas "greenwashé", nous n’irons pas acheter des certificats verts en Norvège. Nous lui donnerons de l’énergie produite par l’éolien, le solaire ou la biomasse. Deuxième argument, nous serons moins chers que les deux joueurs historiques (NDR: Electrabel et SPE-Luminus). Beaucoup moins chers. Jusqu’à 20%.

Comment obtenir cette différence de prix?

Ce sera pour les achats couplés, électricité et gaz. La différence ira jusqu’à 20%, mais pas toujours. La personne qui ne choisit que l’électricité aura une réduction moindre, car la fixation des prix dépend du GRD (NDR : gestionnaire du réseau de distribution). Par contre pour le gaz, vu notre position sur ce marché, ce sera plus facile d’agir sur les prix.

Vous parlez de "greenwashing". Qu’entendez-vous par là?

Pour moi, le "greenwashing" c’est quand un fournisseur va acheter de l’électricité en Bourse et, à côté, des certificats verts dans les pays nordiques. Il couple les deux et prétend vendre de l’électricité verte, alors qu’elle est d’origine nucléaire.

Comment garantissez-vous une électricité "à 100% verte"?

La garantie, c’est que notre parc de production belge est actuellement surdimensionné par rapport aux clients que nous attendons. Nous nous engageons aussi à réinvestir une part de nos bénéfices dans la production de renouvelable en Belgique. Très peu d’acteurs le font.

Un moment donné, vous devrez acheter votre électricité ailleurs…

Les premiers 30.000 clients auront de l’électricité verte provenant de nos installations en Belgique. Pour l’instant, nous n’avons pas assez de client par rapport à notre production, donc pas de problème.

Quelle part de marché visez-vous ?

En 2016, on devrait pouvoir atteindre les 200.000 clients. Je suis convaincu que nous serons dans le top trois ou quatre des fournisseurs en Belgique.

Quelle est votre stratégie de communication?

Eneco n’est pas encore connu en Belgique. Comme notre  histoire est difficile à communiquer en quelques secondes, nous misons sur le multimédia.  Nous n’avons pas l’ambition de faire du porte-à-porte ou d’utiliser des call-center agressifs... Des campagnes vont commencer pour inspirer le client par rapport à nos avantages au niveau du prix et de la production. Nous allons aussi lui proposer trois modèles : être juste client, ou bien être plus participatif ou devenir auto-producteur.

Pourriez-vous préciser ces modèles?

Le particulier pourra participer à Eneco de trois façons. La première, c’est de devenir client, et Eneco réinvestit les bénéfices dans le renouvelable. La deuxième, c’est le modèle coopératif, par exemple, une personne qui habite dans une commune possédant des éoliennes pourra y participer grâce à Eneco. La troisième, c’est d’être producteur dans le solaire. L’idée c’est de coupler le programme solaire avec la facture de gaz et d’électricité. Dans le cas du particulier, on vient vous installer les panneaux sur votre toit. Nous sommes le seul fournisseur à offrir ces options sur différentes technologies.

Pour quelle formule de prix avez-vous opté?

Nous aurons un prix fixe pour l’électricité et une formule toute simple pour le gaz : l’indice officiel repris de la Creg, en ajoutant une marge avec transparence. Tout le monde pourra comparer le prix exact. Dans la communication, nous essayerons d’être très factuels sans vouloir compliquer les choses .

Les prix de votre gaz seront-ils soumis à la volatilité de ceux du pétrole?

Nous sommes très forts en gaz, nous avons des capacités au Pays-Bas et en GNL à Zeebrugge. Une partie des risques du trading sont gérés à Amsterdam et une autre partie ici.

Comment évoluent votre parc de production?

Nous avons 52 éoliennes en Wallonie. A la fin de l’année, nous en aurons 15 en Flandre. Au total, le site de production onshore fera 110 MW installés. En  offshore, nous avons 30 MW dans C-Power 1 , 150 MW dans C-Power 2 et des concessions dans le Norther pour une capacité se situant entre 350 et 400 MW. En solaire, nous sommes au-dessus des 30MW. Et en biomasse, on est entre 70 et 75 MW installés. Ce sont de beaux volumes sur lequel le particulier va pouvoir compter.

Imaginez-vous face à un client potentiel. Comment allez-vous le convaincre de quitter son fournisseur?

Comme je le disais: nous sommes à 100% vert et, quant au prix, nous serons moins cher jusqu’à 20%. Si vous prenez une facture de 1.500 euros, ça fait 300 euros sur un an. Mais il y a aussi la façon dont on va gérer le client. Chez Electrabel, vous êtes un numéro. Comme auprès de beaucoup d’autres d’ailleurs. Vous aboutissez dans un call center, où vous avez un front office, un back office... et au bout d’un mois, vous n’avez toujours pas de solution. Nous n’aurons pas de call center. Nous aurons des gens formés, qui prennent le téléphone et qui solutionneront le problème du client au moment même, pour éviter qu’il doive rappeler et tout réexpliquer. Nous avons l’opportunité d’avoir un autre modèle parce que nous sommes au début. Certains fournisseurs outsourcent la relation client dans d’autres pays, en Bulgarie par exemple. C’est ridicule.

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