Engie Electrabel avance quatre projets de centrales au gaz

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Après avoir annoncé qu’il gelait ses investissements dans le nucléaire et suivait le programme de sortie présenté au Fédéral, le principal énergéticien du pays se lance dans la course aux centrales au gaz, pour couvrir dès 2025 les besoins en électricité.

Grâce à sa prédominance nucléaire, Engie Electrabel contrôle un peu moins de 70% de toutes les capacités de production d’électricité en Belgique. Le numéro deux, Luminus de l'EDF français, n'atteint que 16% et personne d'autre ne détient plus de 3% de part de marché. En sortant du nucléaire, la Belgique force le secteur à se réorganiser, par le biais de la construction de centrales au gaz. Un nouveau marché auquel Electrabel compte bien participer. Le principal énergéticien du pays ne compte pas abandonner facilement sa position de leader. D’après nos sources, l’entreprise aurait quatre grands projets de nouvelles centrales dans ses cartons. Ces quatre centrales gaz-vapeur (TGCC ou Turbine à Gaz à Cycle Combiné) représenteraient ensemble une capacité de 2.950 megawatts (MW), soit l’équivalent des quatre centrales nucléaires de Doel.

Electrabel avait déjà annoncé qu’elle se préparait à construire une grande centrale au gaz à Vilvorde. Depuis lors, l’entreprise s’est également décidée pour trois autres sites. En plus de la centrale au gaz existante sur le site de BASF à Anvers, Electrabel souhaite installer une deuxième unité de production de 880 MW. Aux Awirs, dans la région liégeoise, où une ancienne centrale à biomasse est en cours de démolition, Electrabel souhaite installer une grande centrale au gaz. Sur le site de d’Amercoeur à Charleroi, elle compte construire une nouvelle unité - plus petite - de 330 MW.

"Nous attendons une décision définitive d’ici février ou mars."
Serge Baudhuin
Responsable de projet chez Eneco

«Les demandes de permis, tant fédérales que régionales, ont été lancées pour les quatre projets», explique la porte-parole d’Electrabel, Hellen Smeets. «L’objectif est d’obtenir les autorisations nécessaires pour la première adjudication CRM (mécanisme de rémunération de la capacité, NDLR) le 1er octobre de l’an prochain. Ils ont tous obtenu un avis positif d’Elia pour leur raccordement au réseau de haute tension et les démarches nécessaires sont en cours pour la signature d’un contrat de raccordement.»

Les challengers sont prêts

Selon Elia, nous aurons besoin d’une nouvelle capacité de 3.900 MW après 2025. Les quatre projets d’Engie Electrabel pourraient fournir la majeure partie de cette capacité. Mais il est clair qu’Electrabel va devoir se battre. Le numéro deux du marché, Luminus, dispose également de plans de construction d’une nouvelle centrale au gaz à Seraing, dans la région liégeoise. « La demande d’autorisation est en cours », explique le porte-parole Nico De Bie. Eneco, le numéro trois du marché, se trouve à un stade plus avancé pour son projet à Manage pour lequel le permis a déjà été accordé sous certaines conditions. « Nous avons encore quelques problèmes à régler avec les communes de Seneffe et de Manage ainsi qu’avec quelques riverains », explique Serge Baudhuin, responsable de projet chez Eneco. « Nous attendons une décision définitive d’ici février ou mars. »

L’entrepreneur Luc Tack s’est aussi invité dans le débat. Avec son entreprise chimique Tessenderlo, il possède déjà dans la commune éponyme une très lucrative centrale au gaz T-Power de 425 MW. Sur le même terrain, il voit désormais l’opportunité de construire une deuxième centrale deux fois plus grande. Les demandes de permis environnementaux viennent d’être introduites.

Par ailleurs, la société suisse Advanced Power s’est également lancée dans la course. L’entreprise - qui a construit la centrale T-Power - souhaite installer une nouvelle centrale au gaz - Dils-Energie - de 920 MW à Dilsen-Stokkem dans la province du Limbourg. Les plans attendent depuis longtemps et l’entreprise se prépare à participer l’an prochain à l’adjudication des subsides. « Pour l’instant, nous sommes en train de revoir tous les aspects de notre projet pour être à la pointe des dernières technologies », a déclaré son directeur Adrian Bobula. « Cette mise à jour doit rendre la centrale aussi concurrentielle que possible pour participer à l’adjudication. » La course est lancée…

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