Engie Electrabel promet du changement aux ménages

©Kristof Vadino

Nouveau nom, nouvelle offre tarifaire, premier "pack" incluant produits et services: ça bouge chez Engie Electrabel. Le premier acteur du secteur de l’énergie annonce un changement radical du rôle du fournisseur. Difficile d’imaginer, toutefois, quel "service qui tue" il compte proposer à l’avenir.

Après Lampiris, EDF Luminus ou Eneco, c’est au tour de l’ex-Electrabel, premier acteur sur le marché belge de l’énergie avec 2,8 millions de clients, d’amorcer un tournant dans sa stratégie en pariant sur les services.

Pour l’heure, le virage n’est pas spectaculaire, même si une vaste campagne publicitaire s’annonce. Engie Electrabel profite de son changement de nom pour lancer une nouvelle offre tarifaire, avec un premier "pack" qui inclut:

• non seulement la fourniture d’électricité et de gaz,
• mais aussi sa boxx, présentée comme le "cerveau digital" de la maison.

Ce thermostat intelligent pilote la chaudière ou certains appareils électriques et permet de suivre la consommation de gaz et d’électricité en temps réel, en kWh comme en euros. Un dispositif qui n’est pour l’instant adapté qu’aux maisons, mais une solution devrait suivre pour les appartements.

1€/mois
Pour 1€ de plus, le client peut opter pour une électricité 100% verte et locale.

Autre nouveauté: pour chaque offre tarifaire, le client peut désormais opter, moyennant un surcoût de l’ordre d’1 euro par mois, pour une électricité 100% verte et locale. "En tant que premier producteur d’énergie verte en Belgique, nous avons la capacité d’approvisionner 500.000 ménages en électricité verte. Et nous continuons à investir dans le renouvelable", souligne Philippe Van Troeye, directeur général d’Engie Benelux.

Engie Electrabel proposera aussi dès le 20 avril une nouvelle facture électronique qui devrait permettre un meilleur suivi de sa consommation et donc de ses dépenses. Surtout, il annonce son intention de développer résolument son offre de services. Il devrait ainsi, d’ici quelques mois, proposer le placement et l’entretien de panneaux photovoltaïques. "Il y a une révolution à la fois dans la manière dont on produit l’énergie et dont on la consomme, explique Philippe Van Troeye. C’est ce que j’appelle les 4 D: la décentralisation des moyens de production, la décarbonisation, la digitalisation et la diminution de la demande."

Une évolution encore floue

"En tant que fournisseur d’énergie, nous devons changer de modèle."
Kevin Welch Chief strategy officer d’Engie Benelux

Le rôle que jouera Engie Electrabel vis-à-vis des ménages à l’avenir reste flou, mais c’est une véritable révolution que le groupe promet. "Un ménage paie 2 ou 3 euros par jour seulement à son fournisseur pour avoir une maison chauffée et alimentée en électricité. Le reste, ce sont les frais de réseau ou les taxes. En tant que fournisseur, nous devons donc aller vers un nouveau modèle", lâche Kevin Welch, chief strategy officer d’Engie Benelux.

Cela fait un petit temps déjà qu’Electrabel a commencé à développer des services à destination des particuliers, qui vont du diagnostic énergétique de l’habitation à l’assistance à domicile en cas de panne de chaudière ou de fuite de toit. Comme beaucoup de ses concurrents, il s’est aussi lancé dans l’isolation ou l’entretien de chaudières. Mais les résultats restent assez modestes par rapport à son portefeuille de clients – un millier d’isolations en un an, et 20.000 contrats d’assistance à domicile, par exemple. Et surtout, ce sont des services qui sont assurés via des partenaires – ce n’est pas du personnel Engie Electrabel qui se rend au domicile des clients.

La bbox, même si elle a été développée par Quby, qui appartient au groupe Eneco, va lui permettre d’être en relation quasi quotidienne avec ses clients, et surtout, moyennant autorisation, d’avoir accès à ses données. Ce pourrait être une bonne porte d’entrée pour offrir des services adaptés au profil du client. "C’est ce que fait depuis des années notre filiale Cofely pour les clients industriels", souligne Philippe Van Troeye. Difficile d’imaginer, aujourd’hui, quel "service qui tue" le groupe pourrait développer en interne, d’autant que plusieurs concurrents ont jusqu’ici une longueur d’avance en matière d’innovation. Engie Electrabel paraît lui-même encore en phase de réflexion sur la question.

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