Engie et RWE envisagent une alliance

Isabelle Kocher, CEO d'Engie. ©AFP

Engie pourrait prendre une participation dans Innogy, la filiale cotée de RWE et ce dernier deviendrait actionnaire d'Engie.

Engie et RWE étudient chacun avec leurs banques conseil respectives le scénario d'une alliance, ont rapporté à Reuters des sources proches du dossier. A ce stade, ces discussions entre les énergéticiens français et allemand n'ont pas lieu directement entre les états-majors des deux groupes, ont précisé ces mêmes sources.

Echange d'actifs

Selon l'un des schémas envisagés, un échange d'actifs aurait lieu par lequel Engie prendrait une participation dans Innogy , la filiale cotée de RWE, et ce dernier deviendrait actionnaire d'Engie. Cette opération s'accompagnerait d'une diminution de la part de l'Etat français, qui contrôle actuellement 28,65% d'Engie.

33 milliards€
Engie pèse près de 33 milliards d'euros en Bourse.

"Il y a en effet des discussions en cours mais cela ne veut pas dire que cela aboutira", a déclaré une source gouvernementale française, qui incite à la prudence sur la forme que pourrait prendre un éventuel rapprochement.

Alors que la capitalisation boursière d'Engie avoisine 33 milliards d'euros et celle d'Innogy 18,6 milliards, la participation de 76,79% de RWE dans sa filiale, évaluée à 14,3 milliards, lui permettrait d'obtenir environ un tiers d'une entité fusionnée Engie-Innogy.

Engie, RWE et Innogy, une société spécialisée dans la gestion des réseaux et les énergies renouvelables, n'ont pas souhaité commenter ces informations.

"Négatif pour Engie"

"En l'absence de plus de détails, nous pensons qu'un tel rapprochement serait négatif pour Engie", commente dans une note Pierre-Antoine Chazal, analyste chez Bryan Garnier. Ce dernier cite les risques portant sur l'intégration des deux entreprises, les perspectives financières d'Innogy, la réduction du flottant d'Engie ou les marges de manoeuvres financières limitées du nouveau groupe post-opération.

Selon les calculs de l'intermédiaire financier, au cours de Bourse actuel et sur la base d'un rachat en actions de 100% d'Innogy, RWE posséderait 28% de la nouvelle entreprise devant l'Etat français, qui détiendrait 18% par le simple jeu de la dilution. Mais l'Etat pourrait décider également d'en profiter pour céder un bloc d'actions Engie.

L'Airbus de l'énergie

La directrice générale d'Engie avait déclaré le 5 mai lors de la présentation des résultats du premier trimestre que son groupe n'envisageait pas d'opérations de fusion-acquisition d'envergure et restait concentré sur son plan de transformation.

Engie a par ailleurs décidé de mettre en vente ses activités d'exploration et production (E&P) pétrolière et gazière. Les discussions sur un tel rapprochement ont commencé avant l'élection présidentielle française et font écho à l'"Airbus de l'énergie" qu'ambitionnait de créer en coopération avec l'Allemagne l'ancien président de la République François Hollande. 

RWE en quelques chiffres

• Fondé en 1898.

• Deuxième producteur d’électricité en Allemagne.

• Capitalisation boursière : 9,65 milliards d’euros.

• Perte de 5,7 milliards d’euros en 2016.

• Ebit de 3,08 milliards d’euros en 2016 (-20%).

• Effectif : 58.652 collaborateurs fin 2016.

 

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