Engie puise 1,6 milliard d'euros dans sa filiale Electrabel

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Cet énorme dividende a pour effet de diminuer les fonds propres d’Electrabel.

Le géant français de l’énergie Engie a reçu l’an dernier 1,641 milliard d’euros de sa filiale belge Electrabel. C’est ce qui ressort du document de référence 2017, publié en vue de l’assemblée générale d’Engie qui aura lieu ce vendredi.

"Le versement de ce dividende, qui se fait en nature et non en cash, est possible grâce aux réserves dont dispose Electrabel."
Anne-Sophie Hugé
Porte-parole d’Engie Electrabel

Cet énorme versement est loin d’être anodin. Electrabel était largement dans le rouge ces dernières années, avec une perte de plus de 1 milliard d’euros en 2015 comme en 2016. Les chiffres 2017 ne sont pas encore connus, mais le résultat des activités belges sera encore sous forte pression suite à l’indisponibilité de certains réacteurs, les mauvaises conditions de marché et l’obligation d’ajuster à la hausse ses provisions nucléaires. Cela fait plus de dix ans que la société belge n’avait pas versé de dividende – le dernier remonte à 2006.

"Le versement de ce dividende, qui se fait en nature et non en cash, est possible grâce aux réserves dont dispose Electrabel, répond Anne-Sophie Hugé, porte-parole d’Engie Electrabel. Et il a pour objectif de faire remonter des actifs français au niveau du groupe pour en assurer une gestion cohérente." En effet, le versement se fait sous la forme d’un apport de 100% des titres d’Electrabel France, la société qui détient des participations dans Compagnie du Rhône et la Shem (Société hydroélectrique du Midi), deux entreprises dont les concessions hydroélectriques doivent être renouvelées.

La crainte? Qu’Electrabel ne soit progressivement vidé de sa substance, pour pouvoir être mis en faillite en cas de catastrophe.
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Il n’empêche que cette opération va avoir pour conséquence de diminuer les fonds propres d’Electrabel, ce qui est vu avec méfiance en Belgique.

Un énorme point d’interrogation plane en effet sur le montant des provisions nucléaires qui sera réellement nécessaire pour assurer le démantèlement des centrales et l’enfouissement des déchets. La crainte? Qu’Electrabel ne soit progressivement vidé de sa substance, pour pouvoir être tout simplement mis en faillite en cas de scénario catastrophe, où il faudrait ajouter des milliards d’euros aux provisions déjà constituées.

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