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Engie va investir jusqu'à quatre milliards d'euros en Belgique d'ici à 2030

Parmi les piliers stratégiques d'Engie en Belgique, on retrouve les actifs flexibles, représentés ici par la centrale à gaz de Drogenbos et les batteries attenantes. ©Bloomberg

Renouvelables, flexibilité (gaz, batteries, demande) et fourniture sont les trois piliers de la stratégie d'Engie en Belgique à l'horizon 2030. Quant au nucléaire, le groupe demande à ce qu'on le "laisse travailler sur la prolongation de 10 ans de Doel 4 et Tihange 3".

Engie entend bien être un acteur incontournable de la transition énergétique en Belgique. Voilà l'essence du message du nouveau CEO de la branche belge du groupe français, Vincent Verbeke, qui a présenté sa stratégie ce jeudi.

Depuis le 1ᵉʳ janvier, cet ingénieur de 47 ans, qui a traversé le groupe de long en large, dirige Engie Belgique tout en continuant d'occuper un siège au comité exécutif de la division "GEMS" du groupe rassemblant, entre-autres, les activités de trading.

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Contrairement à son prédécesseur Thierry Saegeman, il ne cumule pas son poste de "Country Manager" avec la direction d'Electrabel et des activités nucléaires. La fonction a été scindée et c'est un autre pur produit de la maison, Cédric Osterrieth, qui pilote l'atome. "Cedric est l'interlocuteur de référence pour le nucléaire. Sur les questions stratégiques, c'est moi", a-t-il indiqué.

"Une extension de la prolongation de Doel 4 et Tihange 3 à 20 ans n'est pas sur la table actuellement", assure Vincent Verbeke. ©Linkedin

Une prolongation de 20 ans "pas sur la table"

À l'échelle du groupe, le nucléaire n'est plus stratégique, c'est connu. Et c'est logiquement le cas en Belgique aussi. "Nous avons un accord avec l'État pour la prolongation des deux réacteurs les plus récents pour 10 ans. C'est un projet gigantesque à réaliser en un temps record. Maintenant, il faut nous laisser avancer pour le livrer à temps", a résumé Verbeke.

Questionné sur les différentes options proposées par divers partis politiques à la veille des élections, le patron s'est montré ferme. "Prolonger les réacteurs Doel 3 et Tihange 2 est exclu en raison du problème de 'flakes' (microbulles d'hydrogène dans les cuves, NDLR). Quant à une extension de la prolongation de Doel 4 et Tihange 3 à 20 ans, c'est un tout autre projet qui n'est pas sur la table actuellement. Aucune discussion n'est en cours à ce sujet", a-t-il affirmé.

2 à 2,5 GW
D'ici 2030, Engie souhaite atteindre 2 à 2,5 GW de capacité renouvelable en Belgique, en ajoutant 500 MW d'éolien terrestre, en participant aux appels d'offre offshore et en ajoutant 200 MW de panneaux solaires.

Renouvelables, batteries et gaz

Le nucléaire évacué, le géant français entend axer sa nouvelle stratégie belge autour de trois piliers. D'abord, il s'agit d'accélérer le développement des énergies renouvelables. "Nous participerons aux appels d'offres pour la prochaine zone éolienne offshore via OceanWinds (joint-venture avec EDP)", a annoncé le patron. "Sur terre, nous voulons ajouter 500 MW d'éoliennes - et donc doubler notre capacité - ainsi que 200 MW de panneaux photovoltaïques d'ici 2030", a-t-il ajouté.

La capacité renouvelable d'Engie en Belgique atteindra alors les 2 à 2,5 GW. Pour y arriver, Verbeke appelle le monde politique à "simplifier les règles", notamment en matière de permis.

"Nous n'avons pour l'instant pas de plans concrets pour la construction de nouvelles centrales à gaz"

Vincent Verbeke
CEO d'Engie Belgique

Ensuite, pour compenser l'intermittence des renouvelables, l'énergéticien souhaite atteindre 5 à 6 GW de capacité flexible dans le pays dans le même intervalle. À noter que la plupart des projets nécessaires pour passer ce palier sont déjà connus: un parc de batteries de 200 MW à Vilvorde, la construction de la centrale à gaz des Awirs (Flémalle) ou encore l'extension de la centrale pompage-turbinage de Coo.

"Nous n'avons pour l'instant pas de plans concrets pour la construction de nouvelles centrales à gaz", a avancé le patron, disant compter sur les gaz bas carbone et la capture de CO2 pour verdir ses centrales, à terme. "Dans les batteries, d'autres projets suivront pour nous permettre d'atteindre 400 MW. Nous sommes en train d'étudier la question, ainsi que d'éventuelles autres élargissements de la centrale de Coo", a-t-il complété.

Le CEO compte aussi mobiliser jusqu'à 1 GW de flexibilité auprès de ses clients acceptant de moduler leur consommation énergétique, dont environ trois quarts via les ménages. "Le potentiel est énorme avec la multiplication des voitures électriques, mais il faut que les compteurs intelligents soient déployés rapidement", a-t-il souligné, plaidant aussi pour la démocratisation de la tarification dynamique. En Belgique, Engie prévoit, en outre, d'installer 7.000 bornes de recharge d'ici 2030.

"Nous avons besoin de certitudes sur les infrastructures d'hydrogène et de CO2, sur la demande et sur le soutien que pourront apporter les différentes autorités."

Vincent Verbeke
CEO d'Engie Belgique

Hydrogène en stand-by

Pour fournir plus d'énergie décarbonée - le troisième pilier - et conserver sa place de leader sur le marché de la fourniture, Engie entend porter sa pierre à l'édifice du développement des marchés de l'hydrogène, du biométhane et de la capture carbone.

Le projet géant d'usine d'1 GW de production d'hydrogène qu'Engie mène avec Equinor à Gand (H2BE) est ici emblématique des ambitions du groupe en la matière. Mais, comme beaucoup d'acteurs, Engie n'est pas prêt à faire le premier pas et n'a pas encore pris de décision finale d'investissement. "Nous avons besoin de certitudes sur les infrastructures d'hydrogène et de CO2, sur la demande et sur le soutien que pourront apporter les différentes autorités", a pointé Verbeke.

À travers ses différents piliers, en comptant l'usine d'hydrogène gantoise (qui dépassera le milliard d'euros, à partager avec Equinor) et le coût de la prolongation du nucléaire (1,6 à deux milliards à partager avec l'État), Engie parle d'un plan d'investissement allant "jusqu'à quatre milliards d'euros" en Belgique au cours des six prochaines années.

Côté emploi, le groupe entend rester "dans la continuité", ce qui reviendra à engager autour de 1.000 personnes pour compenser les divers départs dans les années à venir.

Le résumé
  • Engie compte investir quatre milliards en Belgique d'ici 2030, afin de déployer sa stratégie axée sur les renouvelables, les unités flexibles et la fourniture d'électrons et de molécules moins carbonées.
  • Le nouveau CEO d'Engie Belgique, Vincent Verbeke annonce qu'il sera présent sur tous les fronts: éolien terrestre, offshore, solaire, batteries, gaz, bornes de recharge, flexibilité de la demande et hydrogène.
  • Le nucléaire comptera tout de même pour un quart de l'enveloppe d'investissement en raison de la prolongation de Doel 4 et Tihange 3.
Dossier | Prolongation du nucléaire en Belgique

L'accord entre Engie et le gouvernement fédéral sur la prolongation de deux réacteurs nucléaires est le point d'orgue de près de trois ans de batailles au sein du gouvernement.

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