Et si tous les Wallons payaient le même prix pour le gaz et l'électricité?

©Flip Franssen/Hollandse Hoogte

Pourquoi les Wallons paient-ils des tarifs de distribution différents pour leur gaz et leur électricité selon l’endroit où ils habitent? Le régulateur s’est penché sur la question, et propose une harmonisation progressive, qui combine différents mécanismes. Son impact sur la facture des ménages serait toutefois limité.

Les Wallons ne sont pas tous égaux devant l’énergie. Les tarifs de distribution pour l’électricité et le gaz varient fortement d’une intercommunale à l’autre. Et malgré la fusion, Ores pratique encore 7 tarifs différents pour l’électricité, qui reflètent le découpage territorial antérieur.

"Il y a une logique à aller dans cette direction, tout en veillant à ce que les tarifs continuent à inciter les distributeurs à une bonne gestion."
Francis ghigny
président de la Cwape

À la demande du ministre wallon de l’Energie Paul Furlan (PS), le régulateur vient d’étudier une possible harmonisation des tarifs de distribution. "Il y a une logique à aller dans cette direction, mais en veillant à ce que les tarifs continuent à inciter les GRD (gestionnaires de réseau) à améliorer leur performance", souligne Francis Ghigny, président de la Cwape. La Cwape propose donc une harmonisation progressive, qui combine différents mécanismes.

|1| Premier levier: les tarifs non-périodiques, comme les tarifs de raccordement, qui divergent fortement. Pour les prestations les plus courantes, le régulateur propose de passer à un tarif unique pour toute la Wallonie – avec possibilité pour le GRD de reporter dans ses tarifs périodiques l’écart entre ce tarif et le coût de la prestation. Un processus déjà entamé, puisqu’Ores a déjà harmonisé ses différents tarifs non périodiques, et qu’il discute avec Resa pour aller plus loin sur ce sujet.

|2| Deuxième levier, mais pour l’électricité uniquement: les tarifs de transport d’Elia, qui sont identiques sur tout le territoire wallon, mais qui sont refacturés par les GRD, aboutissent à 13 grilles tarifaires différentes – notamment parce que le taux de production locale ou le pourcentage de pertes varie d’un réseau à l’autre. La Cwape propose une péréquation: tous les utilisateurs wallons se verraient appliquer des tarifs de transport identiques, calculés par ses soins. Dans un deuxième temps, une structure unique, commune à tous les GRD, réconcilierait les charges et les produits qui y sont liés. De quoi simplifier le travail des GRD, commente le régulateur.

|3| Le régulateur propose aussi un tarif d’injection uniformisé, basé sur la capacité, pour toutes les unités de production de plus de 10 kVA (pas les installations photovoltaïques individuelles, donc).

|4| La Cwape veut revoir les tarifs OSP (obligations de service public) qui couvrent le placement de compteurs à budget, la promotion de l’utilisation rationnelle de l’énergie ou qui garantissent le fonctionnement des marchés. Des tarifs qui présentent des écarts importants, parce que le niveau de précarité sociale peut être plus ou moins élevé, mais aussi parce que les GRD y allouent des moyens différents – notamment en termes de coûts de personnel. "Une péréquation complète et aveugle pourrait déresponsabiliser totalement les GRD", avertit le régulateur dans son rapport. Il propose donc de procéder en deux temps. "Au cours de la prochaine période régulatoire, le souhait de la Cwape est de monitorer, pour chaque GRD, le coût unitaire associé à chaque prestation OSP et de tendre vers un coût de référence par prestation." Dans un deuxième temps – dans plus de cinq ans – le régulateur procéderait à la péréquation des tarifs en question.

Pour les autres composantes des tarifs de distribution, la Cwape n’est pas favorable à l’instauration d’un tarif unique sur tout le territoire wallon. Elle veut par contre harmoniser totalement la manière dont sont calculés ces tarifs.

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