Fin de parcours pour le spécialiste du solaire Soltech

Soltech avait exporté ses services sous différentes latitudes, comme ici en Azerbaïdjan.

Deux ans après le dépôt de bilan d'Issol (relancé depuis), Soltech, un autre fleuron belge des modules solaires intégrés, met la clé sous le paillasson.

Le fabricant de modules photovoltaïques sur mesure Soltech a fait aveu de faillite, avons-nous appris à bonnes sources. L'entreprise de Tirlemont avait tenté de se relancer fin de l'an dernier via une procédure en réorganisation judiciaire (PRJ), en vain donc.

Le tribunal de l'entreprise a déclaré la faillite ouverte le 22 mars dernier. Soltech était un des pionniers du secteur des panneaux solaires en Belgique. Elle était née en 1989 en tant que spin-off de l'Imec, l'institut de recherche flamand spécialisé dans la microélectronique et les nanotechnologies.

"Nous sommes dans un secteur en croissance et la demande du marché n'est pas le problème."
Stefan Dewallef
directeur du développement, Soltech

Soltech ne produisait pas elle-même les cellules photovoltaïques, mais s'était spécialisée dans leur assemblage. Elle s'était développée notamment dans les systèmes solaires intégrés (dans des horodateurs, des panneaux de signalisation, sur des bouées maritimes ou dans des systèmes de télécommunications). Elle habillait aussi les façades d'immeubles de systèmes solaires.

Investissement défaillant

"Nous sommes dans un secteur en croissance et la demande du marché n'est pas le problème", avait déclaré, en décembre dernier au Tijd, Stefan Dewallef, directeur du développement produit chez Soltech, au moment d'enclencher la PRJ. "Avec l'évolution vers des bâtiments neutres en énergie, il y a une forte demande pour intégrer des panneaux solaires dans les façades, en particulier pour les immeubles de grande hauteur avec une surface de toit limitée. Mais l'actionnaire actuel ne dispose pas de suffisamment de capital pour les investissements nécessaires pour répondre à la demande."

D'après lui, il aurait fallu quelques millions d'euros pour automatiser la production à Tirlemont, un effort qu'apparemment les actionnaires n'étaient pas prêts à faire. Au siège de la société, personne n'était joignable ce lundi.

1,69 million
d'euros
À fin 2019, Soltech affichait une perte reportée de 1,69 million d'euros.

Si Imec avait conservé une petite participation, l'actionnaire majoritaire de Soltech était le holding Sol Invictus Energy, contrôlé par l'entrepreneur français Olivier Leroux et qui en détenait 90%.

Trois années dans le rouge

Les difficultés rencontrées par Soltech rappellent celles subies il y a deux ans par Issol. Cette entreprise liégeoise, qui opérait dans les systèmes solaires sur mesure pour de grosses installations, avait fait faillite en 2019 ; elle est, depuis, renée de ses cendres sous le nom de New Issol. Une perspective de relance qui existe peut-être aussi pour Soltech.

Ces dernières années, Soltech a additionné les pertes. Ses trois derniers comptes publiés, de 2017 à 2019, s'étaient tous clôturés dans le rouge, avec pour résultante une perte reportée de 1,6 million d'euros, ce qui avait ramené ses capitaux propres à un maigre 174.000 euros.

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