Publicité
analyse

Flambée des prix de l'énergie en Europe, le citoyen belge impacté

La hausse de la demande de gaz en Asie explique en partie la flambée des prix sur les marchés de gros. ©REUTERS

La hausse des prix du gaz et de l’électricité sur les marchés de gros commence à se faire ressentir sur la facture du consommateur. Pour un ménage moyen, la Creg rapporte une augmentation de 133 euros par an par rapport à 2019.

Il semble loin le temps du confinement et de la chute des prix de l'énergie sur les marchés de gros. En 2020, au plus fort de la crise sanitaire, il était de bon ton de profiter du recul de la demande mondiale en optant pour un contrat fixe de fourniture de gaz et d'électricité. Un an plus tard, c'est à la situation inverse que nous devons faire face.

Pour certains, l'Europe serait à la veille d'une crise énergétique sans précédent. Pour d'autres, il est encore prématuré de tirer des conclusions alarmistes.

Les prix montent, et spectaculairement, depuis plusieurs mois en Europe. Sur les marchés à terme d'électricité – soit ceux qui permettent aux fournisseurs d'acheter de l'électricité pour une livraison différée, mais dont le prix est fixé au jour du contrat – la barre symbolique des 80 euros du MWh a été dépassée récemment (contre 30 euros au plus fort du confinement). Côté gaz, c'est le cap des 50 euros du MWh qui a été franchi, atteignant même 60 euros la semaine dernière. Pour certains, l'Europe serait à la veille d'une crise énergétique sans précédent. Pour d'autres, il est encore prématuré de tirer des conclusions alarmistes.

Évolution des prix moyens de l'énergie sur les marchés day-ahead.

Reprise économique et gaz prisé

Pour comprendre cet emballement des marchés énergétiques, il faut d'abord se tourner vers l'Asie. D'après la Creg, le régulateur belge des marchés de l'électricité et du gaz, c'est en effet la hausse de la demande de gaz en Orient qui en diminue la disponibilité en Europe et en fait grimper le prix. Un constat qui ne saurait tomber plus mal, puisque la demande européenne est, elle aussi, en forte hausse. Ici, la Creg note que les réserves de gaz des pays d'Europe sont au plus bas, alors que de nombreuses installations gazières connaissent une moins bonne disponibilité, en raison de travaux de maintenance ou d'incidents divers.

Pas de chance donc, d'autant plus que l'augmentation du prix de la tonne de CO2 tend à exercer, aussi, une pression sur la demande de gaz, puisqu'elle induit une plus faible compétitivité du charbon.

À ces éléments s'ajoute, bien sûr, la reprise économique d'après-confinement et la remontée de la demande en gaz et en électricité après une année 2020 marquée par l'arrêt forcé de nombreuses industries. Aussi, la Creg note la "faible production d’électricité d’origine éolienne ces derniers mois en raison des conditions météorologiques, les différents travaux de maintenance au niveau des centrales et une hausse de la production d’électricité à partir du gaz naturel et du charbon dans un contexte d’augmentation des prix du gaz, du charbon et du CO2", comme facteurs additionnels expliquant la montée des prix de l'électricité.

Contrats variables impactés

Naturellement, la Belgique n'est pas épargnée par ce phénomène européen. Et les factures des citoyens non plus. Chez nous, rappelons que 50% de la facture de gaz est directement influencée par les prix de gros et environ 30% pour l'électricité. Le reste de solde reprend diverses autres composantes, comme les frais de distribution, de transport et diverses taxes et prélèvements.

133
euros
Selon la Creg, pour un ménage avec une consommation de 3.500 kWh/an d’électricité et de 23.260 KWh/an de gaz, la hausse de la facture annuelle au mois d’août 2021 par rapport aux prix pratiqués au mois d’août 2019 s’élève en moyenne à 133 euros.

Pour les Belges ayant souscrit un contrat variable, l'addition risque d'être salée. En août dernier, la barre des 1.000 euros par an pour un contrat de fourniture d'électricité de 3.500 kWh annuel. Pour le gaz, un contrat de 23.260 kWh affichait 1.609 euros, soit 600 de plus qu'en 2019; une année qualifiée de "normale" par la Creg.

Ici, le régulateur tient à rappeler que les deuxième et troisième trimestres comptent proportionnellement moins que les autres dans le calcul final de la facture mais, si la hausse venait à se poursuivre, l'impact sur le décompte final s'en trouverait décuplé.

Pour l'instant, la Creg calcule que "l’impact de la hausse des prix observée sur la facture de décompte des ménages disposant d’un contrat d’électricité à prix variable sera en moyenne de 49 euros, si on compare les prix d’août 2021 avec ceux d’août 2019". Pour le gaz, cette différence se monte à 84 euros, portant le supplément total à 133 euros, par rapport aux données de 2019 (et de 181 euros par rapport à 2020).

Action

Pour les ménages ayant opté pour un contrat variable (35% des contrats d'électricité, 45% de gaz), la pilule risque d'être difficile à avaler. Face au risque de précarité énergétique, la ministre de l'Énergie, Tinne Van der Straeten (Groen), a déjà décidé d'élargir les conditions pour bénéficier du tarif social d'énergie et d'en prolonger les effets.

Mais de nombreuses composantes de la facture ne sont pas du ressort du fédéral. Et la latitude d'action du gouvernement a ses limites. Aussi, et comme l'appellent de nombreux observateurs, il reviendra aux gouvernements régionaux et aux autorités locales d'étudier les leviers à actionner. Surtout si la flambée continue de durer.

Le résumé

  • Les prix de l'électricité et du gaz continuent de grimper sur les marchés de gros européens.
  • Pour la Creg, ce phénomène est du à la reprise économique, à la hausse de la demande de gaz en Asie et Europe mais aussi à la hausse du prix de la tonne de CO2.
  • En Belgique, l'impact sur la facture se fait ressentir pour les détenteurs de contrats variables.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés