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Flambée des prix de l'énergie: la Creg estime à 714 euros l'impact sur la facture

Fruit d'un déséquilibre entre l'offre et la demande globales, la flambée des prix de l'énergie devrait se poursuivre au moins jusqu'à la fin de l'hiver. ©BELGAIMAGE

La Creg estime que la flambée des prix de l'énergie mènera à une augmentation annuelle moyenne de 116 euros pour l'électricité et 598 euros pour le gaz (contrats à prix variables). Le régulateur analyse les solutions possibles.

La flambée des prix de l'énergie n'en finit plus de faire couler de l'encre et des gouttes de sueur sur le front des consommateurs particuliers et professionnels qui voient leurs factures s'alourdir.

Ce mardi, le TTF-Future néerlandais, un prix de référence pour le gaz naturel, a dépassé les 100 euros par MWh, confirmant le dépassement du seuil symbolique déjà brièvement atteint vendredi dernier. Alors que les experts s'accordent à dire que l'emballement est parti pour durer (au moins jusqu'après l'hiver), le régulateur belge de l'énergie, la Creg, s'est penché en profondeur sur le phénomène afin d'établir un état des lieux et de guider le pouvoir politique dans sa prise de décision.

Explosion de la facture

"Sur la base des prix à terme pour le quatrième trimestre 2021 et le premier trimestre 2022, ces montants pourraient être encore plus élevés."
Creg

Première conclusion cinglante, la Creg a estimé, sur la base des prix moyens du mois de septembre 2021, que l’impact de la flambée des prix sur les marchés s’élèverait à 116 € sur la facture annuelle d’électricité (pour une consommation de 3.500 kWh/an) et à 598 € sur la facture annuelle de gaz naturel ( 23.260 kWh/an). Une hausse de 714 euros par an par rapport à 2019 (2020 ayant été une année marquée par des prix exceptionnellement bas) est ainsi prédite pour les consommateurs ayant souscrit un contrat à prix variable, d'avril 2021 à mars 2022. "Sur la base des prix à terme pour le quatrième trimestre 2021 et le premier trimestre 2022, ces montants pourraient être encore plus élevés", ajoute encore le régulateur.

La précédente estimation de la Creg, façonnée sur la base des prix moyens du mois d'août dernier, évaluait l'impact de la hausse des prix à 133 euros par rapport à 2019. Le delta entre ces deux calculs, réalisés à un mois d'écart, est tout simplement gigantesque. Notons au passage que 65 % des ménages belges ont un contrat fixe pour l’électricité et 55 % pour le gaz naturel.

Précarité énergétique

Pour éviter un basculement incontrôlé de nombreux citoyens dans la précarité énergétique, la mesure proposée par la ministre de l'Énergie Tinne Van der Straeten (Groen), à savoir la prolongation de l'élargissement du tarif social pour l'énergie aux consommateurs titulaires du statut BIM (bénéficiaire d'intervention majorée), semble inévitable à court terme. Dans le cas contraire, la Creg rappelle que 450.000 bénéficiaires du tarif social y perdront l'accès au 31 décembre prochain et "retomberont sur un contrat classique, c’est-à-dire un contrat dont le prix de la composante énergie est librement fixé par le fournisseur en fonction des prix sur les marchés de gros".

341 millions
d'euros
La prolongation de l'élargissement du tarif social jusqu’à fin 2022 coûtera 341 millions d'euros à l'État, estime la Creg.

Cette extension, rappelons-le, est financée par le budget de l'État. Et la Creg estime son coût à 193 millions d'euros pour l’extension jusqu'à fin mars 2022 et à 341 millions jusqu’à fin 2022. Pour 2021, de février (date de son activation) à décembre, le coût a été estimé à 176 millions d'euros. La proposition de prolongation devrait être soumise au vote du gouvernement cette semaine.

TVA et surcharge fédérale

Parmi les autres solutions avancées, la Creg s'attaque notamment à l'idée de réduire la TVA sur le gaz et l'électricité de 21 à 6% et explique que cette mesure s’appliquerait uniformément à tous les consommateurs sans différencier ceux plus sévèrement affectés par la hausse des prix de ceux qui ne le sont pas. Ensuite, pour le régulateur, "cette baisse de la TVA doit être accompagnée d’un mécanisme visant à surveiller/garantir que la diminution se répercute bien dans le prix aux consommateurs et non pas dans une hausse de la marge des fournisseurs".

"Cette baisse de la TVA doit être accompagnée d’un mécanisme visant à surveiller que la diminution se répercute bien dans le prix aux consommateurs et non pas dans une hausse de la marge des fournisseurs."
Creg

Quant à la piste de la transformation de la cotisation fédérale (offshore, etc.) et des différentes surcharges en accises, proposée par la ministre de l'Énergie et le ministre des Finances, la Creg reconnaît son avantage en termes d'agilité dans la réaction des autorités fédérales aux hausses de prix actuelles mais rappelle que, tout comme pour la baisse de la TVA, "on peut également s’attendre à un impact sur l’indexation des allocations sociales et des salaires, ainsi, par conséquent, que sur les coûts des entreprises". Ici, il faut comprendre que la baisse de la TVA, comme la transformation de la cotisation fédérale, se répercuterait via un ralentissement du dépassement de l'indice pivot, et par conséquent par un ralentissement de l'indexation des allocations sociales et des salaires.

En outre, la Creg se dit défavorable à un gel des prix, compte tenu de l'impact négatif que celui-ci aurait sur la santé économique de fournisseurs déjà mis sous pression et, donc, sur la concurrence dans le secteur.

Transparence et juste prix

Comme solution structurelle au problème, la Creg prône avant tout la bonne information du client afin de s'assurer qu'il bénéficie du tarif le plus avantageux. En effet, selon le régulateur, plusieurs solutions avancées au niveau politique, comme la mise en place d'un système de chèque à la place du tarif social, "ne permettraient pas de garantir que le bénéficiaire obtienne un prix avantageux pour son énergie".

"La Creg va analyser le besoin de lancer des contrôles des marges des fournisseurs d’énergie."
Creg

Aussi, la Creg souhaite s'assurer que, lorsque les prix de marchés baisseront, cela se ressente sur la facture des consommateurs plutôt que sur la marge des fournisseurs. "La Creg va analyser le besoin de lancer des contrôles des marges des fournisseurs d’énergie", a d'ailleurs avancé le régulateur. De manière générale, la Creg entend profiter de la situation pour rappeler aux consommateurs, plus que jamais, l'importance de la comparaison des prix.

Le résumé

  • La Creg estime que l'impact de la flambée des prix de l'énergie sur la facture des clients ayant souscrit un contrat variable se montera à 714 euros par an en moyenne.
  • Une non-prolongation de l'extension du tarif social sortirait 450.000 consommateurs du système avantageux au 31 décembre.
  • TVA, surcharge fédérale, gel des prix, la Creg s'est prononcée sur les différentes mesures avancées par le politique pour endiguer la crise énergétique.
  • Pour la Creg, la priorité reste de s'assurer que les mesures prises se ressentent sur la facture du consommateur et non sur la marge des fournisseurs.

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