GDF Suez et Electrabel dans l'oeil des agences de notation

GDF Suez menacé d’une dégradation de sa note. Au lendemain de l’officialisation de son projet de rachat de l’énergéticien britannique International Power, GDF Suez a vu sa note financière placée sous surveillance. Notamment par l’agence de notation Moody's. Pourquoi?

 En intégrant la dette du nouvel ensemble, celle de GDF Suez va passer de 33,5 à 42,4 milliards d'euros. Du coup, alors que le rating d'International Power va s'améliorer, celui de GDF Suez risque d’être dégradé.

Moody’s a ainsi placé la note senior non-garantie Aa3 de GDF Suez sous surveillance avec implication négative après l'annonce de son alliance avec le Britannique Internatinal Power. Pour rappel, en mai dernier, l'agence avait dégradé les perspectives du groupe , s'inquiétant des performances financières et opérationnels de GDF Suez. Une inquiétude largement relativisée par le groupe qui estime "pouvoir faire face aux prochaines échéances".

L'agence de notation précise que ce placement sous surveillance concerne aussi la note d'émetteur A2 d'Electrabel. La note Ba2 d'International Power est quant à elle susceptible d'être revue à la hausse. "Tout en reconnaissant la compatibilité stratégique du rapprochement des activités rapprochées et le potentiel de synergies, l'opération prévue accroît, du point de vue de Moody's, le risque de voir le profil de crédit de GDF Suez rester affaibli plus longtemps que prévu auparavant dans le climat économique actuel difficile", explique l'agence. Elle précise qu'une éventuelle dégradation de la note du groupe serait probablement limitée à un seul échelon. Même surveillance du côté de Fitch. A l’inverse, l’agence indique également qu'elle pourrait relever de plus d'un cran ses notes sur International Power une fois l'opération finalisée, à la fin 2010 ou au début 2011.

Au-delà des synergies et autres perspectives opérationnelles, le management d’International Power s’attend, avec l’opération, à voir le coût de sa dette diminuer de 40 millions de livres. Une perspective quelque peu différente pour GDF Suez si sa note est dégradée. A 33,5 milliards d’euros à la fin du premier trimestre, la dette nette de GDF Suez lui a coûté 623 millions d’euros ces six derniers mois. En moyenne, le coût de la dette du groupe est de 4,42%. Le groupe présente néanmoins un ratio d’endettement de 47,9%, soit le taux le plus bas du secteur (l'Italien Enel affiche un ration d’endettement de 210 %, le Français EDF de 130 % et l'Allemand E. ON de 70 %).

Du côté des analystes, l’heure est également à l’attentisme. Sans contester le bien fondé de l’opération, KBC a abaissé sa recommandation à "conserver" contre "acheter". Outre l’effet sur l’endettement, la banque relève le risque politique qui menace le groupe en France, et en Belgique avec la possible révision de l’accord nucléaire.

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