GDF Suez et International Power, le deal qui vaut 30 milliards

Le groupe français d'énergie GDF Suez va racheter 70% du producteur britannique d'énergie International Power, via un apport d'actifs industriels doublé du versement d'un dividende.

En prenant le contrôle du Britannique International Power, GDF Suez devient le numéro deux mondial de l’électricité, derrière EDF. 
Surtout, il réalise une opération qui a beaucoup de sens, jugent la plupart des analystes, et qui devrait notamment offrir une meilleure visibilité sur les activités dans l’énergie à l’international, qui seront désormais cotées séparément.


Pour s’offrir ce nouveau bras international dans lequel GDF Suez exclut d’y loger son pôle nucléaire, le groupe va procéder à la vente de certains actifs. "Nous avons l’intention de lancer un programme de vente de 4 à 5 milliards d’euros", souligne Gérard Mestrallet. Un niveau qu’il juge normal dans un groupe qui possède pour 100 milliards d’actifs. "C’est une respiration naturelle." Après Elia et Fluxys, le groupe devrait continuer son mouvement de sortie du secteur régulé belge. "Nous allons réduire notre présence dans les intercommunales belges de distribution".

 

Transferts d'actifs

Quant au mouvement opéré aujourd’hui, il implique le transfert à International Power de toutes les centrales électriques du groupe GDF Suez hors Europe. Ces actifs seront désormais pilotés à partir du quartier général de la société à Londres — même si GDF Suez affirme haut et fort que la stratégie restera, elle, du ressort de la branche Energie Europe et International, dont le siège se trouve à Bruxelles.


L’opération International Power signifie donc une perte de pouvoir potentielle importante pour les Belges. Et cette nouvelle étape gomme encore davantage l’accent belge du groupe, que son patron Gérard Mestrallet n’hésite déjà plus à présenter la plupart du temps comme français… 

Avec cette acquisition, GDF Suez disposera d'une capacité de production totale d'électricité de 107 gigawatts, passant devant l'allemand E.ON, l'italien Enel et les trois premières entreprises chinoises du secteur.

GDF Suez va céder pour 4 à 5 milliards d'euros d'actifs sur deux ans pour améliorer son bilan suite à l'acquisition du producteur d'énergie britannique.
"L'impact (du rachat) sur notre bilan financier est limité, et notre intention est d'organiser un programme de cessions d'actifs de 4 à 5 milliards d'euros sur deux ans", a indiqué le patron du groupe, lors d'une conférence de presse organisée à Londres avec les dirigeants d'International Power.


Mestrallet a rappelé que GDF Suez avait vendu pour 10 milliards d'euros au cours des 3 dernières années et que ce nouveau programme serait donc d'ampleur inférieure. "Cela représente 2 à 2,5 milliards d'euros par an en moyenne, ce qui n'atteint même pas" les 3,3 milliards cédés en moyenne ces dernières années", a-t-il dit.

Il a précisé que l'emplacement géographique de ces ventes n'avait pas encore été décidé, mais a rappelé que le groupe prévoyait de continuer à réduire sa présence dans le secteur des infrastructure d'énergie régulées en Belgique.

GDF Suez pourrait décider, selon des analystes, d'émettre un emprunt obligataire dès septembre afin de conserver un niveau élevé de liquidités après la prise de contrôle d'International Power.

 

Six mois de discussion

L'opération de rapprochement avec International Power, qui aura mis un peu plus de six mois à se réaliser, a été approuvée par les conseils d'administration des deux groupes. Elle se fera essentiellement par échange d'actifs.

La transaction, qui verra GDF Suez apporter une partie de ses activités internationales à International Power, en échange de 70% de son capital, plus le paiement d'un dividende exceptionnel de 1,68 milliard d'euros aux actionnaires du groupe britannique, est valorisée autour de 30 milliards d'euros, a précisé Mestrallet.


L'Etat français possède 36% de GDF Suez. Saluant l'annonce de la prise de contrôle d'IP, le Premier ministre français  François Fillon a souligné dans un communiqué que l'Etat "conservera toute sa place au sein du groupe, le niveau de sa participation restant inchangé".
Les deux sociétés espèrent réaliser des économies de coûts de 197 millions d'euros par an, une fois la fusion totalement réalisée.

L'opération devrait être définitivement conclue fin 2010 ou début 2011.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés