GDF Suez peut-il quitter la Belgique?

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GDF Suez avertit que si le gouvernement continue de "s'acharner" à le taxer lourdement, il y aura des mesures de rétorsion à l'encontre de la Belgique.

Bluff? Cri de désespoir ou véritable "chantage" lancé à l'encontre de l'État belge? GDF Suez est sorti maladroitement de sa réserve en avertissant que si le gouvernement continue de "s'acharner" à le taxer lourdement, il y aurait des mesures de rétorsion à l'encontre de la Belgique.

Pour beaucoup, la sortie de GDF Suez est jugée scandaleuse et arrogante vis-à-vis de l'état belge. De son côté, le député Olivier Deleuze (Ecolo) se réjouit ainsi que le groupe menace "de respecter la loi en fermant ses centrales nucléaires et en ouvrant le marché de l'énergie à la concurrence".

→ Deux questions se posent aujourd'hui. Le groupe est-il réellement prêt à tourner le dos à la Belgique? Et la Belgique peut-elle se passer d'un poids lourd économique comme GDF Suez?

Les racines de l'énergéticien demeurent profondément belges. Et même si tout se décide depuis la France dans le microcosme parisien, les chiffres transmis par le groupe démontrent toute l'importance de la Belgique dans l'organigramme. Le groupe emploie 20.400 personnes dans notre pays dont 7.215 pour Electrabel et ses filiales. Les activités belges dégagent chaque année un chiffre d'affaires de 12 milliards d'euros. Cela fait du pays le deuxième contributeur du groupe au niveau du chiffre d'affaires. Sur un total de 8,9 milliards d'euros de résultat brut d'exploitation au premier semestre 2011, la Belgique dégage 11 % de l'Ebitda.

Au-delà du risque que fait porter le groupe sur ses résultats financiers, certains estiment qu'il serait très difficile de trouver soudain des quantités d'ingénieurs à Paris ou de transférer les Belges en France. À moins de les payer plus cher. "Beaucoup de compétences restent belges", estime un observateur. L'énergéticien n'hésite d'ailleurs pas à mettre en avant la qualité de ses employés. Il a consacré 57 heures de formation par personne en 2010.

Quant aux investissements, même si certains chiffres de la Creg attestent que le parc des centrales électriques de GDF Suez se fait vieillissant, ses actionnaires verraient d'un mauvais oeil que le groupe balaye les 12 milliards qu'il a investis dans son entité "Benedelux" en 2010. L'énergéticien souligne d'ailleurs que "depuis 2008, Electrabel a investi 438 millions d'euros dans des projets d'envergure dont 230 millions en énergie renouvelable".

Mais voilà, même si l'implantation belge du groupe reste importante, sa stratégie le pousse à capter aujourd'hui la croissance en dehors de l'Europe: 60 % de ses investissements sont ainsi consacrés aux pays émergents. Des arbitrages vont donc être nécessaires. Une taxation de 500 millions d'euros "qui représente le bénéfice net global de sociétés comme Solvay (516 millions en 2009), Delhaize (574 millions en 2010) ou Colruyt (338 millions en 2010) et deux fois celui d'Umicore ou 5 fois celui d'UCB" risque donc de peser dans la balance, indique-t-il.

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