GDF Suez soumis aux humeurs d'un chef coutumier

Wallis Island

Le Roi de Wallis se serait emparé il y a quelques jours d'une filiale de GDF Suez. Une spoliation qui, après discussions et intervention du préfet local, n’aura finalement duré que 48 heures.

Que se passe-t-il à Wallis et Futuna ? L’histoire est surprenante. Et elle ne se déroule pas au Venezuela communiste de Chavez, mais sur un archipel français en plein Océan Pacifique, coincé entre la Nouvelle-Calédonie et Tahiti, à plus de 16.000 kilomètres de Paris.

Bienvenue à Wallis et Futuna, le territoire français le plus éloigné de la Métropole. Ces deux bouts de terre administrés par trois chefferies royales de l'archipel seraient-ils en train de donner depuis quelques semaines des sueurs froides à GDF Suez ?

Le Roi de Wallis, le monarque Kapelielé Faupala, et ses partisans se seraient ainsi emparés il y a quelques jours de la filiale qu’y possède le groupe GDF Suez. Une spoliation qui, après discussions et intervention du préfet local, n’aura finalement duré que 48 heures.

Flash-back sur les événements. Le 16 juillet, alors qu'un conflit autour du licenciement d'un employé est enlisé, des fidèles du roi de Wallis investissent par la force les locaux de l’entreprise Electricité et Eau de Wallis et Futuna (EEWF) appartenant à GDF Suez. Les protestataires vont jusqu’à arracher les enseignes. Les manifestants, soutenus par les villageois de Mata Utu, installent des barricades devant l’entreprise. Des pneus sont brûlés.

Par lettre, le roi Kapelielé Faupala notifie au préfet qu'il prend possession de la société et qu'EEWF n'est plus acceptée dans l'île, protestant contre le licenciement et des tarifs "exorbitants".

L’île de Wallis est plongée dans le noir. Sous la pression de la population, privée d'eau et d'électricité après ce coup de force, des techniciens interviennent par la suite, sous l'escorte de forces de gendarmerie.

D’après GDF Suez, dont la présence sur place remonte à une dizaine d’années, "la situation est maintenant sous contrôle".

Reste que l’incident a marqué les esprits. Cité par l’agence AFP, Yves Morault, directeur général délégué d'Eau et Electricité de Nouvelle-Calédonie (GDF-Suez) et administrateur de sa filiale, Eau et Electricité de Wallis et Futuna, estime "qu’on nous a volé notre société, il n'y a pas d'autre mot".

Au siège du groupe à Paris, le ton est plus policé. Même si on admet que des "malabars campent toujours devant l’entrée principale du site pour nous intimider", on affirme y tenir les commandes.

Quant à l’analyse des événements, on y voit plus "le fait d’une chefferie locale désireuse de réaffirmer son autorité" dans la zone décrétée depuis lors "coutumière".

F.-X.L.

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