GDF Suez: un quartier général à Londres, un siège à Bruxelles…

GDF Suez va tansférer à International Power toutes ses centrales électriques hors Europe, plus celles détenues en Grande-Bretagne et en Turquie. Cela n'empêche pas les responsables de GDF Suez d'affirmer que seul l'opérationnel des activités à l'international sera géré à partir du quartier général de Londres. La stratégie, elle, devrait rester du ressort de Bruxelles.

GDF Suez va transférer à International Power toutes ses centrales électriques hors Europe, plus celles détenues en Grande-Bretagne et en Turquie. Un gros morceau: des 66 GW de capacités de production de la nouvelle société International Power, la moitié vont venir de GDF Suez. C'est plus de la moitié de son parc de production. Et GDF Suez va aussi confier à Londres son important portefeuille de projets à l'international, plus étoffé que celui d'International Power.

Bien entendu, GDF Suez va détenir une très large majorité du capital du nouvel ensemble: 70%, contre 30% seulement pour les actuels actionnaires d'International Power.

Mais le Belge Dirk Beeuwsaert, grand patron de la branche Énergie Europe et International de GDF Suez, la plus puissante du groupe, sera président non exécutif de la nouvelle société, alors que le CEO sera Philip Cox, actuel patron d'International Power.

International Power devra aussi compter avec des actionnaires minoritaires, et se conformer aux principes de gouvernance du marché britannique, puisqu'elle sera cotée à Londres.

Cela semble signifier une certaine perte de pouvoir pour GDF Suez, et pour le Belge qui le représente, sur les actifs internationaux, même si GDF Suez annonce qu'elle utilisera la nouvelle société International Power comme plateforme de son développement à l'international, sauf pour les activités nucléaires, qui resteront du seul ressort de GDF Suez.

"Il faut distinguer, chez GDF Suez, l'organisation juridique avec ses différentes sociétés, plutôt formelle, et l'organisation fonctionnelle, avec ses différentes branches", rappelle un familier du groupe. "La BEEI (Branche Énergie Europe et International) et les 120 personnes que compte sa direction restent à Bruxelles", renchérit Dirk Beeuwsaert.

Dans le cadre de l'accord sur la prolongation des trois plus vieilles centrales nucléaires en Belgique, GDF Suez s'était d'ailleurs engagé à maintenir, entre autres, le siège de cette branche dans la capitale belge. Mais faute d'avoir été concrétisé par une loi dans les délais prévus, ce protocole d'accord est aujourd'hui théoriquement caduc.

Cela n'empêche pas les responsables de GDF Suez d'affirmer que seul l'opérationnel des activités à l'international sera géré à partir du quartier général de Londres. La stratégie, elle, devrait rester du ressort de Bruxelles.

Mais jusqu'à quel point? Le communiqué qui annonce la combinaison entre les activités d'International Power et celles de GDF à l'international évoque "des fonctions corporate basées dans les quartiers généraux du nouvel International Power".

À Londres, donc, même si le communiqué ajoute aussitôt que ces "fonctions corporate bénéficieront aussi du support additionnel de l'équipe GDF Suez Branche Énergie Europe et International". Et les deux sociétés annoncent des économies de coûts de 197 millions d'euros par an, une fois la fusion totalement réalisée. "Pour moi, des économies imposées au siège pourraient être le principal impact de l'opération sur la Belgique", note Dieter Furniere, analyste chez KBC Securities.

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