"Il est trop tôt pour parler du destin des centrales nucléaires"

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En visite à la FEB, Isabelle Kocher, la CEO d’ENGIE, a évoqué la transition énergétique dans un speech d’une petite heure. Selon elle, il n’est plus envisageable pour une entreprise de ne pas viser le zéro carbone. Et pour ce qui est de l’avenir du nucléaire? "C’est encore un peu tôt pour en parler".

La FEB accueillait ce jeudi une invitée de marque. Isabelle Kocher, la grande patronne d’ENGIE, avait fait le déplacement au siège de la Fédération des Entreprises de Belgique pour une conférence sur le thème de "la transition écologique". Une oratrice de luxe à la communication parfaitement lissée, les interviews et questions étant d’ailleurs proscrites.

On s’en tiendra donc au monologue d’une petite heure de la patronne, désignée par Forbes comme la troisième femme la plus influente de la planète. Le thème n’est évidemment pas choisi au hasard. Avec plus de 155.000 travailleurs, dont 16.000 dans notre plat pays, la question de la transition énergétique a forcément un intérêt particulier pour le groupe. "Mais ce n’est pas une question qui concerne que les acteurs du monde de l’énergie. Toutes les entreprises, de manière générale, doivent s’en soucier", explique la seule CEO féminine du CAC40.

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"Pour fonctionner, cette transition énergétique doit aussi être compétitive. Les sociétés sont toujours plus nombreuses à se demander si c’est aujourd’hui possible. La réponse est oui mais cela prendra du temps à se mettre en place, peut-être vingt ou trente ans. Mais aujourd’hui, je déconseillerais à n’importe quelle entreprise de ne pas faire ce choix de se lancer dans une politique avec comme objectif le zéro carbone", lance la responsable.

Une fois les conseils donnés, la patronne en profite pour présenter les mesures mises en place au sein de son entreprise. "Il a fallu faire un diagnostic et cerner, au sein de nos activités, ce qui pouvait nous permettre de lancer cette transition. Nous considérons que 80% de ce que nous faisons peut s’adapter".  Il faudra donc se séparer des activités moins désirables, comme le charbon par exemple.

"C’est pourquoi nous avons vendu pour 15 milliards. La priorité désormais est mise sur la production à basse émission de carbone mais aussi l’efficacité énergétique. La meilleure énergie reste celle que nous ne consommons pas", explique encore la responsable qui en profite pour lâcher un petit pic. "Nous avons donc une vision à long terme que les marchés nous incitent à mettre en place chaque année même si la détention des actions ne cesse elle de réduire passant de cinq ans à six mois", glisse Isabelle Kocher. Reste encore à aborder l’épineuse question du nucléaire.

"C’est un peu tôt pour parler du destin de ces centrales. Mais cela deviendra un débat partout en Europe et qui dépendra d’impératifs de sureté, de questions économiques et politiques", explique la patronne, qui assure être aujourd’hui en discussion avec les autorités belges. "Je n’en dirai pas un mot. Il est certain qu’il faudra gérer le passif nucléaire, l’avenir de ces centrales. Cela prendra 80 ans. Je comprends évidemment les garanties dont a besoin l’Etat. Ce qui est certain, c’est que nous ferons face à toutes nos obligations: passées, présentes et à venir".  

Un peu vague comme réponse ? On a dit pas de question.

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