interview

"Il n'y a pas la place pour une hausse des factures d'énergie" (Isabelle Kocher, patronne d'Engie)

Isabelle Kocher ©AFP

Un des principaux messages d’Isabelle Kocher, la patronne du groupe Engie, qui rencontrait la presse belge ce vendredi? Il faut miser davantage sur les économies d’énergie.

"Il n’y a pas la place pour une augmentation des factures d’énergie", affirme Isabelle Kocher, directrice générale du groupe Engie. "Il n’y a pas la place pour une augmentation des factures d’énergie pour les entreprises, parce que c’est un sujet majeur de compétitivité pour elles. Il n’y a pas la place non plus pour une augmentation des factures pour les ménages. Les gilets jaunes montrent qu’il faut arriver à profiler des solutions qui tiennent compte du réchauffement climatique tout en étant abordables. Et le grand thème absent du débat, à notre avis, ce sont les économies d’énergie."

Le groupe ne table pas sur une diminution des prix de l’électricité — la commodité elle-même ne représente que 25% de la facture environ, et d’autres composantes devraient évoluer à la hausse, suite notamment au soutien aux énergies renouvelables et à l’introduction d’un mécanisme de rémunération pour garantir des capacités suffisantes en centrales au gaz.

"En Belgique, on estime qu’un ménage sur cinq est en précarité énergétique. Et une partie significative du parc immobilier a été construite avant 1945. Il y a à faire!"
Isabelle Kocher

Mais Engie est convaincu qu’il existe des gisements importants dans l’efficacité énergétique. "C’est un sujet majeur, insiste Isabelle Kocher. En Belgique, on estime qu’un ménage sur cinq est en précarité énergétique. Et une partie significative du parc immobilier a été construite avant 1945. Il y a à faire! Quand on s’intéresse à l’efficacité énergétique, on trouve couramment 30%, voire 40% d’économies à faire. C’est un sujet qu’il faut faire progresser dans l’opinion publique, et qui permet de décarboner tout en faisant baisser les factures."

Déjà, près de deux tiers du personnel d’Engie travaille, au niveau du groupe comme à l’échelle belge, dans les services énergétiques, principalement à destination des entreprises. Les emplois liés à la production d’électricité et à la commercialisation de l’énergie ne représentent plus, eux, qu’un tiers des équipes. Engie compte poursuivre dans cette voie, mais va aussi lancer en Belgique, au premier trimestre de cette année, une offre de remplacement des anciennes chaudières à destination des particuliers.

"Une chaudière à gaz performante, c’est 30% d’économies sur la consommation annuelle, argumente Isabelle Kocher. Pour promouvoir à grande échelle la rénovation des équipements domestiques, nous avons lancé il y a quelques mois en France une offre qui permet aux ménages de remplacer leur ancienne chaudière sans devoir faire un chèque de 3.000 euros ou plus. Ils paient via des mensualités qui sont moins élevées que les économies d’énergie réalisées."

En quelques mois, Engie a déjà vendu 40.000 contrats de ce type dans l’Hexagone. "Pour nous préparer à offrir ce type de services, qui pourront être couplés pour les clients qui le souhaitent à une installation photovoltaïque avec financement également, nous avons pas mal investi dans Cozie, qui a réalisé en 2018 3.000 installations et 12.500 entretiens de chaudières. Nous allons maintenant mettre l’accent sur le développement de Cozie dans le sud du pays", explique Philippe Van Troeye, le patron d’Engie Benelux. Pour le financement de ces installations, Engie Benelux va collaborer avec Beobank.

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