Issol investit dans les façades et les tuiles solaires

La Gare Maritime, à côté de Tour & Taxis à Bruxelles, vient d'être revêtue d'une façade solaire signée Issol. ©doc

Issol, la PME active dans les solutions solaires spéciales, s'est relancée avec un partenariat en béton avec AGC et une entrée prometteuse dans le créneau des toits.

Dix mois après la reprise de l'entreprise post-faillite Issol, Olivier Demeijer et son équipe de 18 personnes s'en sortent plutôt bien: les chantiers se succèdent, les projets rentrent et leur carnet de commandes est rempli pour les cinq mois à venir. Une performance remarquable, étant donné que la crise pandémique s'est déclenchée deux mois seulement après le redémarrage de la société de Dison spécialisée dans les projets photovoltaïques spéciaux. "Avec le Covid-19, les projets solaires n'ont pas été annulés, mais seulement retardés, explique le CEO de l'entreprise. Les projets ont redémarré entre-temps et les commandes sont plus fournies que prévu."

"Nous avons signé juste avant l'été un partenariat avec AGC."
Olivier Demeijer
CEO, New Issol

La société, qui officiellement s'appelle New Issol, a fait aussi ses premiers pas avec le géant verrier AGC dans le créneau du photovoltaïque intégré au bâtiment (BIPV). "Nous avons signé juste avant l'été un partenariat avec AGC. Nous produisons pour eux des verres solaires sous leur marque SunEwat, pour les marchés européens et au-delà", détaille Demeijer. AGC fournit le verre à Issol, qui s'approvisionne par ailleurs en plastique EVA et en cellules photovoltaïques. La PME assemble le tout dans ses installations à Dison. Les deux sociétés distribuent le produit fini par leurs canaux propres, en association. "Le verre est un composant essentiel dans le BIPV, relève le CEO. AGC a mené beaucoup de recherches pour mettre au point un verre spécial, qui va optimiser le développement des cellules."

Les deux partenaires ont déjà vendu une série de petits projets et commencent à en signer de plus ambitieux, en Europe et même en Afrique du Nord. Le fait de démarcher les clients sous la marque d'AGC est tout sauf neutre: "après une faillite, le travail n'est pas toujours facile à réaliser parce que des doutes subsistent dans le chef des prospects et clients; pouvoir annoncer qu'on collabore avec un groupe comme AGC change la donne", note le dirigeant.

Premier à miser sur les tuiles solaires en Belgique

Issol, qui ne propose que des solutions solaires spéciales (jamais de production de masse), s'est ouvert un autre nouveau terrain de jeu, celui des tuiles photovoltaïques. "On cherche à remplacer à la fois la tuile traditionnelle et le panneau solaire, qui pêche par manque d'esthétique, explique Olivier Demeijer. On a développé toute une gamme de tuiles avec cellules: des tuiles couleur terracotta, des ardoises, des toitures en joint debout comme à Paris... Et on recouvre les toits en combinant tuiles actives et tuiles non actives, qui sont de même apparence." Cela plaît aux architectes, cela peut convenir aux bâtiments historiques car cela n'altère en rien leur esthétique... Et si c'est évidemment plus cher qu'un toit de tuiles normales, cela permet un retour sur investissement en sept ou huit ans, pour une toiture qui, au final, produira toujours de l'électricité.

"Au sortir de cette crise pandémique, il faut qu'on investisse dans le durable, l'Europe ne cesse de le répéter: Green Deal, Renovation Wave, Smart Cities, c'est une tendance de fond, qui aura un impact direct sur nous."
Olivier Demeijer

Issol est la première entreprise à offrir ce type de tuiles en Belgique et un des premiers en Europe, où la PME recense un rival suisse et quelques autres aux Pays-Bas. Ajoutons que les tuiles sont produites à Dison, en partenariat avec un fabricant de matériaux de construction et un producteur de films plastiques.

Olivier Demeijer et ses ingénieurs planchent sur d'autres développements encore et viennent d'installer une façade en bardage solaire au siège des Entreprises Gilles Moury, à Ans. "Un produit moins sexy, mais prometteur aussi", commente le CEO qui se dit optimiste pour les mois à venir. "Au sortir de cette crise pandémique, conclut-il, il faut qu'on investisse dans le durable, l'Europe ne cesse de le répéter: Green Deal, Renovation Wave, Smart Cities, c'est une tendance de fond, qui aura un impact direct sur nous."

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