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John Cockerill achève le récepteur de la plus haute tour solaire du monde

La centrale solaire de Dubaï compte quelque 70.000 miroirs orientables. ©Cockerill

Le groupe liégeois est devenu le leader mondial des récepteurs pour centrales thermo-solaires à concentration. Celle du MBR Solar Park à Dubaï sera opérationnelle dans quelques mois.

Des dizaines de milliers de miroirs réfléchissants et plusieurs millions de panneaux photovoltaïques et de capteurs cylindro-paraboliques répartis sur une surface de 77 kilomètres carrés: les caractéristiques du parc solaire Cheikh Mohammed bin Rashid Al Maktoum, situé en plein désert à 50 km au sud de la ville de Dubaï, donnent le vertige.

Lancé en 2012 par le riche émirat du Golfe, ce projet pharaonique, qui ne devrait être complètement achevé qu'à la fin de la décennie, se présente comme le futur plus grand parc solaire du monde sur un seul site. Dans quelques mois, l'un des fleurons de cet immense ensemble utilisant plusieurs types de technologies, la centrale thermo-solaire, sera mise en service. Avec quelque 70.000 miroirs réfléchissants et la plus haute tour thermo-solaire du monde - 262 mètres de haut -, cette unité de production aligne également les superlatifs. Il s'agit d'une centrale solaire à concentration à sels fondus, qui ambitionne de développer 100 MW de capacité électrique.  Soit un dixième environ de la prochaine capacité de l'ensemble du MBR Solar Park, qui devrait encore être très largement augmentée d'ici 2030, selon l'autorité du parc, la Dubai Electricity and Water Authority (DEWA).

Une technologie liégeoise

Le système fonctionne en concentrant les rayons du soleil en un seul endroit, grâce aux 70.000 héliostats orientables qui orientent et focalisent la lumière solaire vers le sommet de la tour. Au sommet de celle-ci, se situe le cœur de la centrale: un récepteur thermo-solaire à sels fondus, une technologie développée par le groupe liégeois John Cockerill.

Entrelacs impressionnant de tuyaux, de réservoirs et d'échangeurs de chaleur, cet élément massif de 1.500 tonnes mesure à lui seul une quarantaine de mètres de haut. Il est capable d’absorber dans un fluide caloporteur l’énergie solaire lui parvenant de tous les miroirs placés tout autour de la tour. Ces sels fondus sont portés à des températures de plus de 560°C et iront ensuite vers un échangeur de chaleur où circule de l’eau qui est transformée en vapeur. Celle-ci meut une turbine entraînant une génératrice de courant.

De jour comme de nuit

Les premiers récepteurs de ce type de centrale fonctionnaient en chauffant directement l'eau. L'avantage de cette technologie-ci, c'est qu'elle permet de stocker l’énergie à grande échelle de manière très compétitive. Les sels fondus sont en effet accumulés dans d’énormes réservoirs à la base de la tour, dans lesquels ils conservent leur haute température pendant une quinzaine d’heures. Résultat: la centrale solaire peut donc fonctionner 24 heures sur 24, de jour comme de nuit.

50
millions
Il s'agit d'un contrat d'une cinquantaine de millions d'euros.

"Il s'agit d'un contrat d'une cinquantaine de millions d'euros, le coût total de la centrale étant estimé à 400 millions" a expliqué mardi l'administrateur-délégué de John Cockerill, Jean-Luc Maurange, en faisant visiter le haut de la tour à quelques journalistes belges en marge de la venue du ministre-Président wallon, Elio Di Rupo, sur le parc. "Il comprend la fourniture du récepteur et les systèmes de transport des sels fondus, mais également la maintenance. La durée de vie de la centrale est estimée à 35 ans. Le fonctionnement du récepteur sera contrôlé à distance, depuis le siège de John Cockerill à Seraing."

Plusieurs projets à l'examen

John Cockerill n'en est pas à son coup d'essai. Outre la centrale de Dubaï, la société basée à Seraing a également équipé les centrales Khi Solar One (Afrique du Sud), Haixi (Chine) et Cerro Dominador (Chili, dans le désert d'Atacama). Un cinquième projet est actuellement en cours de réalisation, à nouveau en Afrique du Sud, et d’autres devraient suivre. "Il existe des projets notamment en Arabie saoudite, en Inde, en Australie et au Maroc, dans toutes les zones du monde à fort ensoleillement", commente de son côté Gérald Thomas, qui dirige le pôle énergie solaire et thermique chez John Cockerill. Même si Dubaï fait partie des pays où le soleil règne en maître, l'Émirat n'est toutefois pas considéré comme le candidat le plus idéal pour des centrales solaires en raison du sable qui circule dans ses zones désertiques et qu'il faut régulièrement enlever des panneaux et des miroirs.

"Le fonctionnement du récepteur sera contrôlé à distance, depuis le siège de John Cockerill à Seraing."
Jean-Luc Maurange
Administrateur-délégué de John Cockerill

"Grâce à tous ces contrats, John Cockerill est aujourd’hui considéré comme le leader mondial des récepteurs pour centrales thermo-solaires à concentration", ajoute encore Jean-Luc Maurange, qui rappelle que tous ces projets sont en droite lignée avec la stratégie de John Cockerill d'utiliser son pôle énergie renouvelable comme vecteur de croissance. "Nous tirons des enseignements à chaque contrat et essayons d'améliorer régulièrement plusieurs éléments, comme par exemple le revêtement du récepteur, ce qui permet d'améliorer ses performances." Ce revêtement est produit habituellement par une petite entreprise de Trazegnies spécialisée dans les coatings, Lithcote, qui n'avait toutefois pas été retenue pour le projet de Dubaï par la société chinoise Shanghai Electric, désignée comme ensemblier par le développeur du projet, le consortium Noor Energy.

John Cockerill tente par ailleurs d'étendre son expertise aux miroirs orientables au sol. "Il s'agit d'éléments très importants, car ces miroirs doivent renvoyer les rayons du soleil sur des points très précis du récepteur en haut de la tour, pour éviter les surchauffes", souligne encore Jean-Luc Maurange.

Le résumé

  • John Cockerill participe à la construction de la centrale thermo-solaire du parc solaire Cheikh Mohammed bin Rashid Al Maktoum, situé en plein désert à 50 km au sud de la ville de Dubaï.
  • Le groupe de Seraing a fourni le récepteur, un imposant élément de 1.500 tonnes situé en haut de la tour solaire.
  • John Cockerill est devenu le spécialiste mondial de la conception et la réalisation cet équipement, avec 5 projets signés dans différents pays du monde.

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