Jusqu'à 25 % de l'électricité belge importée

Electrabel a arrêté le réacteur nucléaire de Doel 4, suite à un incendie. On ne sait pas quand ce réacteur pourra être remis en service. Pour compenser, la Belgique a eu recours massivement, ces derniers jours, aux importations d'électricité.

Vendredi, Electrabel a dû arrêter le réacteur nucléaire de Doel 4. Un incendie dans une salle des machines a endommagé l’alternateur de la centrale, dans la partie non nucléaire du site. Et impossible, aujourd’hui, de prévoir quand ce réacteur pourra être remis en service. "Nous n’en avons aucune idée, affirme Els De Clercq, porte-parole à la centrale. Nous sommes encore occupés, avec les experts et les autorités de contrôle, à déterminer comment régler la question au mieux."

L’incident tombe plutôt mal. D’abord, parce que Doel 4 est un des plus importants des sept réacteurs nucléaires en service en Belgique, avec une puissance de 1.008 MW. Ensuite, parce que la vague de froid provoque une forte consommation d’électricité, même si le record de 14.040 MW de 2007 n’a pas été battu: la consommation dépasse pour l’instant, lors du pic de 18 heures, les 13.100 MW. Enfin, parce que Doel 1 était lui aussi à l’arrêt pour cause d’entretien annuel – même si avec ses 433 MW, il est nettement moins puissant que Doel 4, et qu’il a recommencé à tourner hier matin.

"Perdre une unité de production comme Doel 4 n’est pas anecdotique, même s’il n’y a pas eu péril", souligne Axelle Pollet, porte-parole chez Elia, le gestionnaire du réseau électrique belge. Pour éviter une gigantesque panne électrique, le réseau doit en effet être à tout moment en équilibre, avec une production équivalente à la consommation. À défaut, c’est le "black out" général.

Solutions?

Electrabel se refuse à entrer dans les détails des solutions adoptées, précisant juste "disposer de la capacité nécessaire pour alimenter ses clients". Mais pour atteindre l’équilibre, la Belgique a eu recours massivement, ces derniers jours, aux importations. "On parle de 2.000 à 3.000 MW, sur une consommation moyenne de 12.500 MW, ce qui représente tout de même 15 à 25 % de la consommation" précise Axelle Pollet. C’est en dessous du pic de 29 % enregistré le 3 avril 2008, mais tout à fait inhabituel, surtout sur une période aussi longue.

Toutes les capacités d’importation sont mobilisées à la frontière avec les Pays-Bas, fournissant près de 1.400 MW de capacité. Des réserves existent encore à la frontière avec la France, d’où la Belgique importe, selon les heures, quelque 1.000 à 1.500 MW de capacité. Heureusement que la France, qui avait tiré la sonnette d’alarme courant de la semaine dernière, suite à une forte consommation d’électricité, alors que 7 de ses 58 centrales nucléaires étaient à l’arrêt, a vu sa consommation baisser ces derniers jours. Et cela n’empêchera pas le prix de l’électricité, notamment basé sur la disponibilité des centrales nucléaires, d’augmenter.

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