Koopol, la start-up à la recherche du prix idéal

©Nicolas Sciortino

Fondée il y a moins d’un an, la start-up Koopol est spécialisée dans l’analyse des prix sur le net. Son travail permet aux marques d’obtenir une vue globale sur les prix pratiqués par les revendeurs en ligne.

Impossible ou presque aujourd’hui pour une marque de ne pas passer par la case ‘vente en ligne’. Le canal est un relais supplémentaire de ventes plutôt appétissant. Mais lorsque le monde entier est un client potentiel, difficile d’obtenir une vision claire du marché, savoir ce qui s’y fait exactement et surtout, comment son produit y est présenté. Depuis un an, Koopol, une start-up carolo, s’attaque aux innombrables données du web pour aider les entreprises à y voir un peu plus clair. La jeune pousse est spécialisée dans le "price monitoring". "Concrètement, nous avons développé une technologie qui effectue l’analyse en temps réel de toutes les annonces sur le web", explique Henri Rion, le fondateur de Koopol. Une récolte de données qui permet d’obtenir une vision claire sur les prix pratiqués.

"L’analyse permet de repérer les revendeurs qui ont des prix systématiquement plus bas ou qui sont régulièrement en rupture de stock."
henri rion
fondateur de koopol

Cette information est cruciale, surtout sur le Vieux continent. En Europe, il n’est pas possible de vendre à perte, sauf exception comme lors de la période des soldes. Mais hormis cette contrainte, un revendeur est libre de pratiquer le prix qu’il souhaite et n’a aucune obligation de s’en tenir au "prix conseillé", généralement proposé par les marques. "En connaissant tous les prix pratiqués, il est possible de repérer des comportements étranges ou néfastes pour une marque. L’analyse permet par exemple de repérer les revendeurs qui ont des prix systématiquement plus bas ou qui sont régulièrement en rupture de stock. Cela permet aussi de repérer les acteurs qui cassent le marché. Aujourd’hui, la concurrence est telle que si un revendeur est nettement plus bas, les géants comme Amazon risquent de le repérer, s’aligner à leur tour et tirer tout le marché vers le bas", explique le responsable de l’entreprise de trois personnes.

Clients challengers

Officiellement lancée depuis le début de cette année, Koopol avance à toute vitesse. L’entreprise compte déjà une dizaine de clients, dont de très gros noms. "Nous travaillons avec Ice-Watch et Nidecker Group, le deuxième groupe le plus important du snowboard sur le marché mondial", explique encore Henri Rion.

Des noms de prestige qui permettent à la marque de grandir. "Nous sommes totalement transparents avec eux. Nous avons besoin de références de leur niveau pour nous faire une place sur leur marché. On leur propose donc des contrats très avantageux mais en contrepartie, on leur demande de nous challenger sur le développement afin d’améliorer constamment notre produit", explique encore le jeune entrepreneur.

À peine lancé, Koopol vise directement l’ensemble de l’Europe. "Nous avons encore besoin de quelques améliorations mais notre technologie est désormais au point", glisse le jeune homme, qui peut s’appuyer sur un marché gigantesque. "Les produits de grande consommation, vendus en grande surface et qui font avant tout de la quantité, ne sont pas intéressés par ce type de monitoring. De l’autre côté du marché, le luxe n’est pas non plus intéressant. On vise toutes les marques entre ces deux extrêmes", sourit Henri Rion.

Rentable dès l’année prochaine

Outre l’analyse de leurs propres produits, Koopol propose aussi aux marques des solutions pour se pencher sur ce que fait la concurrence. "Notre technologie repose uniquement sur l’analyse de données publiques. Nous nous appuyons sur les textes et images présents sur les annonces des différents sites. Tout le monde pourrait donc le faire manuellement."

Avec ces bons débuts, le chef d’entreprise table déjà sur un passage à l’équilibre pour l’année prochaine. À sa création, Koopol s’est lancé après avoir levé 300.000 euros auprès de Noshaq et d’autres investisseurs privés que le fondateur est allé chercher. Fils du célèbre entrepreneur Pierre Rion, Henri ne souhaite certainement pas passer par le carnet d’adresses de son père. "Je n’ai aucune envie de mélanger la famille et le business. Mon père n’est pas du tout impliqué dans ce que je fais et il serait impensable que je me tourne vers des fonds dans lesquels il est présent. Cela réduit d’ailleurs pas mal mes possibilités. En réalité, c’est donc plutôt un désavantage", sourit encore l’entrepreneur.

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