Korys met un pied dans le stockage d'électricité

Les cofondateurs de VoltStorage: Jakob Bitner, Michael Peither et Felix Kiefl (de gauche à droite). ©VoltStorage

Le family office de Colruyt entre au capital d'une start-up allemande spécialisée dans les batteries permettant de stocker de l'électricité produite par les panneaux solaires des particuliers.

En croisade pour la transition énergétique et toujours à la recherche de pépites et solutions innovantes en la matière, Korys, le véhicule d'investissement de la famille Colruyt, annonce aujourd'hui son entrée au capital de la start-up allemande VoltStorage, spécialisée dans les batteries domestiques destinées à stocker l'électricité produite par des installations photovoltaïques.

Loïc de Schaetzen, directeur des investissements chez Korys: "L'objectif de Korys n'est pas d'arriver à une commercialisation rapide du produit en Belgique, mais bien d'accompagner VoltStorage dans son développement." ©Korys

En compagnie de plusieurs investisseurs, dont le fonds public allemand Bayern Capital, le serial entrepreneur Matthias Willenbacher et l'entreprise néerlandaise EIT Inno Energy, Korys contribue donc à un tour de table de 6 millions d'euros en échange d'un pourcentage, gardé secret, de la jeune pousse.

Après des investissements massifs dans l'éolien, la mobilité et le monitoring énergétique, Korys découvre ainsi le marché prometteur du stockage d'électricité.

Alternative au lithium

À l'heure où les énergies fossiles ont mauvaise presse, où le nucléaire est passionnément débattu et où l'électrification est érigée en vecteur essentiel de la transition vers une société décarbonée, le stockage de l'électricité figure parmi les technologies qu'il faut parvenir à maîtriser. Et c'est précisément dans ce créneau qu'est active la jeune société allemande VoltStorage.

Son produit, une batterie domestique à l'instar du Powerwall de Tesla, a pour vocation de récupérer l'énergie produite par les panneaux solaires de particuliers qui n'est pas immédiatement consommée. De la sorte, elle entend favoriser l'autoconsommation des propriétaires de ces installations et, ainsi, diminuer un peu plus leur dépendance au réseau.

La subtilité cependant est que la technologie sous-jacente à la batterie est différente de celle habituellement rencontrée dans les produits concurrents. Ici, il est question de "redox flow" et de vanadium, non de lithium. "Cette technologie correspond bien à un usage à domicile", avance Geoffroy Hautier, professeur expert en la matière à l'UCLouvain. "Contrairement aux batteries à ions lithium, elle se dégrade beaucoup moins vite, même après de nombreux cycles de charge. Par contre, l'inconvénient est que son niveau de densité d'énergie est bien moindre que dans les batteries au lithium. À puissance égale, les batteries au vanadium sont bien plus volumineuses. On ne peut donc pas s'attendre à les voir prendre place dans nos voitures de sitôt", poursuit-il.

Une solution pour les prosumers ?

Pour une commercialisation en Belgique, il faudra néanmoins être patients. VoltStorage doit encore grandir. "Actuellement, la société vend une centaine de batteries par an en Allemagne. Nous avons pour objectif de doubler la production d'ici la fin de l'année", explique Loïc de Schaetzen, directeur des investissements chez Korys."

"Nous avons pour objectif de doubler la production de VoltStorage d'ici la fin de l'année."
Loïc de Schaetzen
Directeur des investissements chez Korys

Mais, à l'heure où la législation tend à favoriser l'autoconsommation des détenteurs de cellules photovoltaïques, ce type de solution ne correspondrait-il pas au marché belge? Rappelons que la contribution aux frais de réseau par les propriétaires de panneaux wallons – le fameux tarif prosumer – sera compensée entièrement jusqu'en 2022, réduisant ainsi l'incitant à se procurer une batterie de ce type. Ensuite, le prix élevé du produit – 8.000 euros l'unité – et son lent retour sur investissement – autour de 10 ans – élimine de facto une large portion de clients potentiels.

"L'objectif de Korys n'est pas d'arriver à une commercialisation rapide du produit en Belgique, mais bien d'accompagner VoltStorage dans son développement", indique Loïc de Schaetzen. Patience, donc. Promesse, surtout.

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